La France renforce sa lutte contre le Blanchiment d’argent. Le ministère des Comptes publics a annoncé ce vendredi que les saisies d’argent sale effectuées par les douanes françaises ont atteint un total de 48 millions d’euros depuis le début de l’année, marquant ainsi une forte hausse par rapport à 2024.
Ce chiffre représente une augmentation de 34 % par rapport aux 35,8 millions d’euros saisis durant la même période l’année précédente. Cette évolution témoigne de l’efficacité accrue de la stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent qui semble porter ses fruits.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a salué dans un communiqué « la mobilisation des agents des douanes dans la lutte contre le blanchiment d’argent lié aux trafics. Ces découvertes étant souvent l’aboutissement de recherches et d’enquêtes tenaces, qui portent un coup aux activités criminelles. » Cette nouvelle dynamique se manifeste par des résultats concrets, soutenus par des actions ciblées sur le terrain.
Le ministère met en avant plusieurs affaires récentes, notamment celles du mois de juin, au cours desquelles les douaniers de Paris, Besançon et Perpignan ont intercepté près de 660 000 euros, principalement en espèces. Dans l’une de ces affaires, un collecteur d’argent suspecté de blanchiment et d’exercice illégal de la profession de banquier a été interpellé à son domicile où les agents ont découvert 200 000 euros en bijoux, ainsi que des armes de catégorie C et D. Cette saisie montre l’ampleur des opérations criminelles auxquelles la douane est confrontée.
Une stratégie renforcée pour contrer le blanchiment d’argent
La lutte contre le blanchiment d’argent fait désormais partie intégrante de la nouvelle stratégie financière des douanes, présentée en 2024. Cette politique vise à renforcer les moyens d’intervention des agents et à étendre leur champ d’action. Un des changements majeurs concerne la législation, notamment la loi sur la surveillance douanière qui permet désormais de constater des opérations de blanchiment, y compris pendant le transport et la collecte sur le territoire national.
Les actifs numériques, tels que les cryptomonnaies, ont également été inclus dans le champ d’application du délit de blanchiment douanier. Cela permet aux douaniers d’agir plus efficacement face à l’émergence de nouvelles méthodes de blanchiment liées aux technologies numériques. En cas de soupçons, la loi autorise désormais la rétention d’argent liquide en circulation sur le territoire, et de nouvelles unités spécialisées, notamment des maîtres-chiens, ont été mises en place pour détecter ces flux financiers illicites.
Les autorités françaises considèrent l’argent comme « le nerf de la guerre » dans la lutte contre les réseaux criminels. C’est pourquoi des mesures supplémentaires seront bientôt mises en œuvre, dont la fermeture administrative des commerces soupçonnés de blanchiment et l’accès direct aux données des opérateurs de transport et de logistique. Ces mesures sont prévues dans la loi de lutte contre le narcotrafic, adoptée en avril, et un projet de loi anti-fraude fiscale et sociale, attendu pour la rentrée, viendra renforcer les pouvoirs des autorités dans ce domaine.








