Les géants de la distribution, Carrefour et Intermarché, sont accusés par l’Autorité de la concurrence d’avoir mis en place une « stratégie collective » pour différencier artificiellement la distribution de produits bio. Cette accusation concerne une segmentation des produits entre les canaux spécialisés et les canaux plus généralistes. Bien que les deux enseignes contestent les faits, l’enquête sur ces pratiques pourrait avoir des conséquences importantes pour le marché du bio en France.
Carrefour et Intermarché sont visés par une enquête suite à une « notification de griefs » reçue fin 2024. Selon cette notification, les deux entreprises auraient coordonné leurs efforts pour influencer la distribution des produits biologiques entre les magasins spécialisés et ceux généralistes, rapporte nos confrères du Parisien.
Carrefour, à travers ses filiales Sobio, Greenweez et Carrefour, est accusé d’avoir pris part à des concertations avec le Synabio, syndicat professionnel des distributeurs spécialisés en bio, pour adopter une stratégie de différenciation des produits en fonction des réseaux de distribution. Carrefour réfute catégoriquement cette accusation, arguant qu’aucune ligne commune n’a été adoptée et que ses filiales n’ont pas participé activement à ce processus. De son côté, Intermarché conteste également ces allégations, qualifiant ces accusations de « fausses » et de « non fondées ».
Les accusations de différenciation artificielle des canaux
Le cœur de l’accusation réside dans la segmentation artificielle du marché bio entre les canaux spécialisés et les canaux généralistes. Cette pratique aurait pour objectif de restreindre l’accès des produits bio aux grandes surfaces classiques, en favorisant leur vente dans les circuits spécialisés tels que les magasins bio et les sites de commerce en ligne spécialisés. Selon l’Autorité de la concurrence, cette segmentation aurait conduit à une distorsion de la concurrence, empêchant une concurrence libre et équitable entre les différents types de distributeurs.
L’impact pour le secteur du bio
Le secteur des produits bio est en plein essor en France, mais ces accusations risquent de ternir son image. Les produits biologiques, qui se distinguent par des méthodes de production plus respectueuses de l’environnement, sont de plus en plus recherchés par les consommateurs soucieux de leur santé et de l’environnement. Cependant, le coût de ces produits reste élevé, et toute distorsion de la concurrence pourrait nuire à l’accessibilité de ces produits pour un plus large public. Si les accusations sont confirmées, cela pourrait engendrer une révision des pratiques commerciales dans le secteur de la vente de produits bio.
Une enquête toujours en cours
Actuellement, l’Autorité de la concurrence continue d’examiner la situation. Bien que la notification des griefs n’indique pas encore de décision finale, l’enquête en cours pourrait aboutir à des sanctions, notamment des amendes substantielles pour les entreprises concernées si les accusations sont jugées fondées. Il est important de noter que cette procédure ne préjuge en rien de la culpabilité des entreprises et qu’une phase contradictoire permet à celles-ci de présenter leur défense.
Le marché des produits bio en France est sous surveillance, avec des géants comme Carrefour et Intermarché sous enquête pour des pratiques anticoncurrentielles. Les accusations de segmentation artificielle de la distribution des produits bio soulignent les tensions dans ce secteur en plein développement. Si ces pratiques sont confirmées, cela pourrait non seulement nuire à l’image de ces enseignes, mais également impacter les consommateurs qui sont au cœur de cette affaire. Les suites de l’enquête seront cruciales pour l’avenir de la distribution de produits biologiques en France.