Une augmentation de la taxe sur les billets d’avion est prévue pour 2025. Présentée comme une mesure de justice fiscale et écologique, elle pourrait rapporter 500 millions d’euros par an au budget de l’État. Cette décision, bien qu’ambitieuse, suscite des inquiétudes parmi les voyageurs et les compagnies aériennes.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, défend cette réforme comme une démarche de justice fiscale et écologique. Selon elle, 20 % des ménages les plus aisés sont responsables de plus de la moitié des dépenses liées aux voyages en avion. En augmentant la taxe, le gouvernement souhaite que ces voyageurs contribuent davantage, tout en limitant l’impact environnemental du transport aérien.
La mesure cible particulièrement les passagers voyageant en classe premium et business sur les longs courriers, pour qui le surcoût serait le plus élevé. Cependant, les passagers de classe économique ne seront pas épargnés et subiront également une hausse des prix des billets d’avion, bien que plus modérée.
Le gouvernement estime que cette réforme pourrait générer environ 500 millions d’euros par an. Ces recettes viendraient renforcer les finances publiques dans un contexte dans lequel l’État cherche à concilier investissements écologiques et maîtrise des dépenses. Si l’objectif semble clair, les détails concernant l’affectation de ces fonds restent flous, bien que des projets en faveur de la transition écologique soient évoqués.
Cette somme pourrait également contribuer à financer des infrastructures et des initiatives visant à réduire la dépendance au transport aérien, notamment en encourageant des alternatives comme le train pour les trajets courts et moyens.
La surtaxe sur les billets d’avion fait réagir dans le secteur aérien
Cette réforme ne fait pas l’unanimité. Les compagnies aériennes, déjà fragilisées par la crise du Covid-19 et la hausse des coûts opérationnels, redoutent une baisse de la demande. Les vols long-courriers, souvent plus rentables, pourraient être particulièrement touchés, nuisant à leur compétitivité face aux compagnies étrangères non soumises à ces contraintes. Comme le rappellent nos confrères du Parisien, la compagnie aérienne Ryanair, première en Europe, avait menacé de réduire la moitié de ses vols en Europe.
Les associations professionnelles, de leur côté, dénoncent une mesure qu’elles jugent punitive pour un secteur en transition, rappelant les efforts déjà engagés pour réduire l’empreinte carbone du transport aérien, comme l’utilisation de carburants durables et le renouvellement des flottes.
Pour les voyageurs, l’impact de cette taxe pourrait varier selon leur profil. Les passagers occasionnels, notamment sur les longs courriers, pourraient voir cette hausse comme une simple majoration, tandis que les professionnels et les grands voyageurs pourraient y voir un obstacle financier. Par ailleurs, les défenseurs de l’environnement saluent la hausse des prix des billets d’avion, une mesure incitant à privilégier des modes de transport plus durables, comme le train.








