{"id":113367,"date":"2026-09-20T10:02:00","date_gmt":"2026-09-20T08:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/belgique\/?p=113367"},"modified":"2026-09-20T09:30:27","modified_gmt":"2026-09-20T07:30:27","slug":"belgique-pays-plus-taxes-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/belgique\/belgique-pays-plus-taxes-monde\/","title":{"rendered":"La Belgique est-elle vraiment l\u2019un des pays les plus tax\u00e9s du monde ?"},"content":{"rendered":"
La Belgique figure parmi les pays o\u00f9 la pression fiscale est la plus \u00e9lev\u00e9e, mais elle n\u2019occupe pas la premi\u00e8re place mondiale. Les donn\u00e9es internationales montrent une forte taxation, notamment sur le travail, avec des diff\u00e9rences importantes selon les types de revenus et les dispositifs fiscaux utilis\u00e9s.<\/strong><\/p>\n Alors que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral belge cherche \u00e0 trouver 10 milliards d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies pour r\u00e9duire le d\u00e9ficit public, la question d\u2019une \u00e9ventuelle hausse des pr\u00e9l\u00e8vements revient dans le d\u00e9bat. Certains responsables estiment que les contribuables belges sont d\u00e9j\u00e0 fortement sollicit\u00e9s, tandis que d\u2019autres d\u00e9fendent une nouvelle r\u00e9partition de l\u2019effort fiscal.<\/p>\n Selon les derni\u00e8res donn\u00e9es de l\u2019OCDE, bas\u00e9es sur l\u2019ann\u00e9e 2023, la France arrive en t\u00eate des pays industrialis\u00e9s en mati\u00e8re de pression fiscale. La Belgique se classe, elle, en cinqui\u00e8me position. Dans le classement \u00e9tabli par Eurostat<\/a>, limit\u00e9 aux pays de l\u2019Union europ\u00e9enne, la France occupe la deuxi\u00e8me place derri\u00e8re le Danemark. La Belgique arrive en quatri\u00e8me position.<\/p>\n La pression fiscale belge reste donc parmi les plus importantes en Europe. Elle correspond au rapport entre les recettes fiscales et parafiscales, comme les cotisations sociales, et le PIB, c\u2019est-\u00e0-dire la richesse produite par le pays. Selon les chiffres de la Banque nationale de Belgique, les recettes fiscales et parafiscales repr\u00e9sentaient 44,3 % du PIB en 2017. Elles devraient atteindre 42,1 % en 2026, puis descendre \u00e0 41,3 % en 2031 selon les pr\u00e9visions li\u00e9es aux r\u00e9formes annonc\u00e9es.<\/p>\n Cette \u00e9volution ne signifie pas forc\u00e9ment une baisse \u00e9quivalente de la charge pour chaque contribuable. Les recettes publiques peuvent aussi \u00e9voluer gr\u00e2ce \u00e0 d\u2019autres sources, comme les dividendes vers\u00e9s par des entreprises d\u00e9tenues par l\u2019\u00c9tat, les amendes ou certaines recettes administratives. La taxation varie aussi fortement selon la nature des revenus. Marc Bourgeois, professeur de droit fiscal \u00e0 l\u2019ULi\u00e8ge, explique :<\/p>\n \u00ab Nous sommes clairement dans le peloton de t\u00eate pour la taxation sur le travail. Nous le sommes aussi pour la taxation sur le capital. Par contre, nous sommes plut\u00f4t dans la moyenne basse en mati\u00e8re de taxes sur la consommation.<\/em> \u00bb Le travail reste donc le principal point de tension du syst\u00e8me fiscal belge. D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es d\u2019Eurostat, la Belgique se situe \u00e0 la sixi\u00e8me place des pays europ\u00e9ens qui taxent le plus le travail via l\u2019imp\u00f4t sur le revenu et les cotisations sociales.<\/p>\n Une \u00e9tude publi\u00e9e par l\u2019OCDE en avril, portant sur les revenus de 2025, indique qu\u2019un travailleur belge c\u00e9libataire sans enfant avec un salaire moyen subit un \u00ab coin fiscal<\/em> \u00bb de plus de 52 %. Cela signifie que plus de la moiti\u00e9 du co\u00fbt total du travail pour l\u2019employeur correspond aux pr\u00e9l\u00e8vements publics. Pour un couple avec deux enfants disposant d\u2019un seul salaire moyen, ce taux descend \u00e0 36,9 %, ce qui place encore la Belgique parmi les pays les plus \u00e9lev\u00e9s de l\u2019OCDE.<\/p>\n Comparer les pays uniquement avec la pression fiscale globale ne suffit pas \u00e0 mesurer l\u2019effort r\u00e9ellement support\u00e9 par chaque contribuable. Les comparaisons internationales ne prennent pas toujours en compte la mani\u00e8re dont les imp\u00f4ts<\/a> sont r\u00e9partis ni les nombreux dispositifs permettant de r\u00e9duire la facture fiscale. Ces m\u00e9canismes, appel\u00e9s niches fiscales, sont nombreux en Belgique. Ils peuvent prendre diff\u00e9rentes formes, comme certains avantages li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration ou aux dispositifs professionnels.<\/p>\n Edoardo Traversa, professeur de droit fiscal \u00e0 l\u2019UCLouvain, souligne cette particularit\u00e9 : \u00ab On a un r\u00e9gime de droit commun de taxation des revenus du travail \u00e9lev\u00e9, voire tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Mais, pour en compenser les effets, il existe un tas d\u2019avantages qui permettent \u00e0 certains de r\u00e9duire simultan\u00e9ment leur charge fiscale. Ce syst\u00e8me s\u2019av\u00e8re toutefois in\u00e9quitable car on fait des diff\u00e9rences de traitement fiscal pour des situations qui sont a priori comparables.<\/em> \u00bb<\/p>\n Les \u00e9conomistes \u00e9voquent r\u00e9guli\u00e8rement la question d\u2019un changement dans la r\u00e9partition des pr\u00e9l\u00e8vements. Pour Jean Hendricks, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019UCLouvain : \u00ab Donc, oui, la fiscalit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e en Belgique. Mais on peut se demander, avant m\u00eame de penser \u00e0 augmenter encore cette pression fiscale, si on ne peut pas mieux la r\u00e9partir.<\/em> \u00bb Selon lui, une partie de l\u2019enjeu concerne la taxation du travail, particuli\u00e8rement pour les salari\u00e9s moins qualifi\u00e9s. \u00ab Chez nous, c’est clair, c’est le travail qui est trop tax\u00e9. Surtout pour les travailleurs les moins qualifi\u00e9s.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n\nUne fiscalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, surtout sur les revenus du travail<\/h2>\n
Des niches fiscales qui modifient la r\u00e9alit\u00e9 des comparaisons<\/h2>\n