Face à la baisse de fréquentation des agences bancaires, une banque annonce la fermeture d’une quarantaine d’établissements en France. Cette tendance, accentuée par la digitalisation des services, bouleverse le paysage bancaire et suscite des inquiétudes chez les usagers, notamment dans les zones rurales.
Depuis plusieurs années, la fréquentation des agences bancaires ne cesse de diminuer. Selon des données récentes, les clients se rendent en moyenne moins de deux fois par an dans leur banque, préférant les services en ligne pour effectuer leurs démarches. La pandémie de Covid-19 a accéléré ce phénomène, modifiant durablement les habitudes.
Si la digitalisation facilite l’accès à certains services, elle pénalise particulièrement les agences situées en milieu rural, où la clientèle reste moins familière avec les outils numériques. Ces établissements, souvent jugés non rentables par les banques, sont les premiers à subir des fermetures ou des réductions d’horaires.
Le Crédit Agricole parmi les banques concernées
Parmi les établissements impactés, le Crédit Agricole, deuxième banque française, a annoncé la fermeture de 43 agences dans plusieurs départements. En Normandie, 20 agences vont disparaître, dont 17 en Seine-Maritime et 3 dans l’Eure, selon les informations locales.
D’autres régions sont également touchées, notamment l’Aveyron, le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, où 26 agences fermeront leurs portes. En Aveyron, les villes de Lanuéjouls, Firmi, Salles-Curan, Villefranche-de-Panat et Saint-Sernin-sur-Rance sont particulièrement concernées.
Le Crédit Agricole justifie cette décision par la faible fréquentation des agences. Dans certains cas, les établissements enregistrent moins de quatre clients par jour d’ouverture, rendant leur maintien économiquement impossible.
Des solutions alternatives insuffisantes ?
Pour compenser ces fermetures, le Crédit Agricole envisage de déployer le dispositif « Relay by CA », qui permet aux clients de retirer de l’argent liquide chez des commerçants partenaires. Cependant, cette initiative est loin de satisfaire les habitants des zones rurales, où les services bancaires sont perçus comme un service public de proximité indispensable.
Les représentants syndicaux, tels que Jean-Paul Valentin de la CGT, dénoncent cette situation. Ils soulignent l’importance des agences pour les populations âgées, souvent peu à l’aise avec les outils numériques et dépendantes des services traditionnels.
Les experts prévoient une accélération des fermetures dans les années à venir. Selon une étude, entre 8 % et 20 % des agences bancaires françaises pourraient disparaître d’ici 2027, soit une réduction de 2 700 à 6 700 établissements.
Cette transformation du paysage bancaire soulève des questions sur l’accessibilité des services pour les populations les plus fragiles. Si la digitalisation offre des avantages indéniables, elle ne peut remplacer entièrement le rôle de proximité des agences, notamment dans les zones rurales.
En parallèle, certaines agences verront leurs horaires réduits, passant de cinq à trois jours d’ouverture par semaine, une mesure qui risque d’aggraver les difficultés d’accès aux services pour les usagers.
Quels départements sont les plus touchés par les fermetures des banques physiques ?
Outre la Normandie et l’Aveyron, d’autres territoires pourraient être affectés à l’avenir par cette tendance à la réduction des réseaux physiques. Pour les habitants concernés, ces fermetures marquent la fin d’une époque, où les agences bancaires jouaient un rôle central dans la gestion quotidienne de leurs finances.
Si la digitalisation continue de transformer le secteur bancaire, il reste à voir si les solutions alternatives proposées par les banques seront suffisantes pour répondre aux besoins des usagers.