Depuis 2021, le marché automobile français connaît un renversement de tendance. Après une période marquée par une forte inflation liée à la pénurie de composants et à la hausse des prix des véhicules neufs, les prix des voitures d’occasion sont en baisse. Cette évolution est confirmée par une étude publiée le mardi 23 septembre 2025 par le site Leboncoin Auto, acteur de référence dans le secteur.
Selon ce bilan, les tarifs de l’occasion se rapprochent progressivement des niveaux d’avant l’inflation. Les économies réalisées par les acheteurs varient selon le type de motorisation. Pour les véhicules essence, le prix moyen s’établit à 17 937 euros, soit une baisse de 3 163 euros par rapport à 2021. Les modèles diesel affichent un prix moyen de 17 324 euros, en recul de 3 465 euros. Les véhicules hybrides sont proposés en moyenne à 30 124 euros, soit une diminution de 5 663 euros. Les voitures électriques connaissent le repli le plus marqué avec un prix moyen de 23 214 euros, en baisse de 9 438 euros.
Jean-Rémy Macchia, journaliste spécialisé contacté par LCI, analyse cette tendance par l’évolution du rapport entre l’offre et la demande. « Il y a plus de voitures à vendre que d’acheteurs pour les acheter, y compris d’occasion. Donc naturellement, les stocks augmentent, et les professionnels, les garagistes qui revendent des voitures d’occasion, baissent leurs tarifs », explique-t-il.
Une demande sur les automobiles en mutation selon les motorisations
L’étude du site Leboncoin Auto met également en lumière une modification de la demande. Les immatriculations de véhicules hybrides d’occasion ont progressé de 40 % depuis le début de l’année 2025, et représentent désormais 12 % des transactions du marché. Les véhicules électriques enregistrent également une forte progression, avec une offre en hausse de 25 % par rapport à l’année précédente. Les hybrides, rechargeables ou non, affichent une croissance de 11 % dans les annonces.
En parallèle, la demande sur les automobiles se contracte pour les motorisations traditionnelles : elle recule de 10 % pour le diesel et de 6 % pour l’essence. Les modèles thermiques représentent encore 90 % de la demande, mais leur poids relatif diminue face à l’intérêt croissant pour les alternatives hybrides et électriques.
Jean-Rémy Macchia souligne que ce mouvement concerne aussi bien les professionnels que les particuliers. Ces derniers, lorsqu’ils souhaitent revendre leur véhicule, doivent abaisser leurs prétentions tarifaires pour trouver un acheteur. La multiplication des annonces alimente ainsi la baisse générale des prix.
D’après les données collectées, la tendance traduit un retour progressif aux niveaux de prix observés avant la période d’inflation. Les acheteurs potentiels disposent d’un choix plus large, dans un contexte où l’automobile reste le deuxième poste de dépense des ménages après l’immobilier.








