Les arrêts de travail connaissent une nouvelle hausse, un phénomène qui inquiète de plus en plus les entreprises. Bien que la durée moyenne des arrêts reste stable, la fréquence des arrêts de courte durée est en forte augmentation, ce qui soulève de nombreux défis pour la gestion des ressources humaines.
Selon les données récentes du groupe Apicil, qui a réalisé son quatrième observatoire des arrêts de travail auprès de 53 000 entreprises, le taux d’absentéisme dans les entreprises françaises a légèrement progressé en 2024, passant de 4,27 % en 2023 à 4,41 % en 2024. Ce chiffre représente une hausse modeste de 0,14 point, mais cette tendance témoigne d’une situation de plus en plus préoccupante, surtout dans un contexte économique déjà difficile. En parallèle, plus d’un quart des salariés (26,98 %) ont connu au moins un arrêt de travail durant l’année 2024, soit une augmentation de 0,66 point par rapport à l’année précédente.
Les arrêts de travail de courte durée en forte hausse
Cependant, ce qui ressort particulièrement de cette étude, c’est l’augmentation des arrêts de travail de courte durée, un phénomène qu’on appelle le « micro-absentéisme ». Les arrêts de moins de trois jours, souvent dus à des maladies bénignes comme des rhumes ou des petites grippes, ont connu une forte augmentation (+2 points par rapport à 2023). Bien que leur durée soit courte, leur fréquence croissante représente un véritable défi pour les entreprises, car ces arrêts fréquents peuvent perturber la productivité et engendrer des coûts logistiques supplémentaires, liés aux remplacements temporaires.
En revanche, les arrêts de travail plus longs, ceux dépassant 30 jours, sont restés relativement stables, bien que ceux de plus de 90 jours aient légèrement progressé. Ces arrêts longs, bien que moins fréquents, posent des défis spécifiques aux entreprises, qui doivent organiser des aménagements pour le retour au travail de leurs employés ou, dans certains cas, organiser des remplacements à plus long terme.
Les raisons les plus fréquentes de ces arrêts de travail
Les causes des arrêts de travail restent dominées par les maladies, qui représentent 90 % des cas, suivies des accidents du travail (4 %) et des temps partiels thérapeutiques, qui sont souvent utilisés pour accompagner le retour progressif au travail après un long arrêt. Cette situation oblige les entreprises à revoir leurs stratégies managériales. La gestion du micro-absentéisme devient un véritable enjeu, nécessitant une meilleure organisation et une attention accrue aux conditions de travail. Certaines entreprises ont déjà commencé à mettre en place des programmes de bien-être au travail ou à renforcer la prévention des risques pour limiter l’impact de ces absences fréquentes.
Face à cette situation, le gouvernement continue d’examiner des réformes pour limiter les arrêts de travail et en réduire l’impact économique. Toutefois, il est encore trop tôt pour mesurer l’efficacité de ces initiatives. Dans ce contexte, les entreprises doivent se montrer réactives et mettre en place des mesures adaptées pour faire face à l’augmentation des arrêts de travail et minimiser leurs conséquences sur la productivité et la gestion des ressources humaines.








