Le budget 2025 prévoit une augmentation significative de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, affectant les vols tant européens qu’internationaux. Si la hausse est jugée nécessaire par les autorités pour financer l’aide au développement, elle pourrait avoir des conséquences sur les prix des billets pour les voyageurs. Les compagnies aériennes, notamment les low cost, devraient répercuter cette hausse de manière différente.
La taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), instaurée en 2006 par Jacques Chirac, a pour objectif de financer des projets d’aide au développement. Ce prélèvement, modifié au fil des années, a pour but d’aider les pays en développement, mais cette fois-ci, elle subit une forte augmentation.
Ainsi, à partir du 1er mars 2025, pour un vol intra-européen en classe économique, cette taxe passera de 2,63 euros à 7,40 euros, soit une hausse de 4,77 euros. Si le gouvernement avait envisagé une augmentation encore plus importante à 9,50 euros, la hausse finale est donc un compromis. Pour les vols long-courriers, cette taxe peut atteindre 40 euros pour certains trajets intercontinentaux.
Les répercussions pour les consommateurs
Il est évident que cette augmentation de la taxe va se répercuter sur le prix des billets d’avion. Cependant, toutes les compagnies aériennes ne vont pas nécessairement répercuter cette hausse de la même manière. Selon les dires de Bertrand Vilmer à RMC Conso, expert aéronautique, les grandes compagnies avec une marge bénéficiaire solide pourraient absorber cette hausse.
De leur côté, les compagnies low cost qui dégagent moins de profits risquent de répercuter intégralement cette augmentation sur le prix des billets. Par exemple, des compagnies comme Ryanair et Wizz Air, connues pour leurs tarifs très bas, pourraient rendre leurs billets plus chers, ce qui rendra plus difficile la recherche de vols à moins de 20 euros.
Qu’en est-il pour les prix des billets d’avion des compagnies low cost ?
Les compagnies low cost, déjà impactées par la hausse des coûts du carburant ces dernières années, pourraient voir leurs marges de manœuvre encore réduites. Des compagnies comme Ryanair ont d’ores et déjà menacé de réduire leurs offres en France, notamment en arrêtant de desservir certains aéroports régionaux.
Toutefois, selon les experts, cette menace semble être une tactique pour faire pression sur les autorités et sur les distributeurs, sans réelle intention de mettre en œuvre ces réductions. Néanmoins, la hausse des taxes pourrait entraîner des ajustements de leur politique tarifaire, augmentant ainsi le prix final pour les consommateurs.
Une dynamique complexe entre taxes et coûts de carburant
L’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion survient alors que les compagnies aériennes doivent également gérer les coûts de carburant. Un avion consomme en moyenne 2,5 tonnes de carburant par heure, ce qui peut représenter des frais de 6 000 à 8 000 euros par heure pour un moyen-courrier.
Le coût du carburant est un élément clé du prix final du billet. Les taxes, qui peuvent représenter jusqu’à 20 % du prix d’un billet, ne font qu’aggraver la pression financière sur les compagnies, en particulier celles qui proposent des billets à bas prix.
En résumé, bien que cette augmentation des taxes ait été attendue par les acteurs du secteur aérien, elle pourrait rendre les billets d’avion encore plus coûteux pour les consommateurs, particulièrement ceux qui voyagent avec des compagnies low cost.
Les prix devraient suivre l’inflation, avec une hausse modérée de 1 à 2% pour la majorité des vols. Cependant, la fin des vols à prix extrêmement bas semble être une conséquence inévitable de cette évolution, ce qui rendra les billets plus chers, même pour ceux qui cherchent des offres à prix réduits.