Le débat sur l’assurance chômage refait surface en France, à l’approche d’une nouvelle présentation budgétaire du gouvernement. Le durcissement des règles d’indemnisation, déjà évoqué par plusieurs figures politiques, pourrait bien faire partie des mesures à venir. Une réforme qui, comme à chaque fois, divise profondément le paysage social et politique.
L’idée de durcir une nouvelle fois les règles de l’assurance chômage fait surface. Bien que l’exécutif ait pour le moment esquivé un engagement officiel, le fait que cette hypothèse soit évoquée à nouveau, quelques jours avant la présentation du plan budgétaire, laisse peu de place au doute : la question semble sérieusement à l’étude. Le 9 juillet dernier, Les Echos ont rapporté que le gouvernement envisageait une réduction de la durée d’indemnisation, passant de 18 à 15 mois, ainsi qu’une augmentation du nombre de jours travaillés pour être éligible à l’indemnisation.
Ces mesures visent à « inciter davantage à la reprise de l’emploi » en imposant des conditions plus strictes aux demandeurs d’emploi. Une approche qui fait partie d’une volonté gouvernementale plus large de réduire les dépenses publiques et d’atteindre des objectifs budgétaires ambitieux. D’ailleurs, ces mesures sont jugées nécessaires pour « financer la protection sociale » à une époque où les finances de l’État sont sous pression.
Les réactions des syndicats et des parlementaires
Cette nouvelle réforme est loin de faire l’unanimité. Si certains parlementaires macronistes, comme Gabriel Attal, continuent de soutenir l’idée de durcir l’indemnisation, les syndicats y voient une attaque directe contre les droits des chômeurs. Le secrétaire confédéral de la CGT, Denis Gravouil, dénonce cette perspective en soulignant les conséquences dramatiques qu’aurait la réduction de la durée d’indemnisation.
Pour lui, de nombreuses personnes ne pourraient plus bénéficier d’une aide décente ou verraient leurs prestations diminuer. Michel Beaugas, de Force Ouvrière, met en garde contre la réduction des droits des demandeurs d’emploi, soulignant que, depuis l’arrivée de Macron à la présidence, le droit à indemnisation des chômeurs a déjà baissé de 50%, tant en termes de montant que de durée.
En revanche, certains représentants du patronat, bien que partagés, ne rejettent pas l’idée de réformer le système, à condition que cette réforme inclue une plus grande efficacité et soit orientée vers un retour à l’emploi rapide des chômeurs. Selon Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité, il est crucial que les acteurs sociaux soient impliqués dans le processus afin de trouver des solutions équilibrées.
Une réforme de l’assurance chômage nécessaire pour certains, une injustice pour d’autres
Le débat autour de l’assurance chômage revient une nouvelle fois sur la table alors que l’État doit faire face à une augmentation de la dette publique et cherche à répondre à des exigences de réduction des déficits. La réforme de l’assurance-chômage, pourtant une question déjà largement traitée depuis 2017, pourrait donc revenir avec des propositions encore plus sévères.
Pour l’instant, le gouvernement joue la carte de l’incertitude, en expliquant que rien n’a été définitivement décidé, mais il est fort probable que les propositions concrètes soient formulées dans les jours à venir, surtout à l’approche du plan de redressement des finances publiques annoncé par le Premier ministre François Bayrou.
Ce nouveau projet de réforme de l’assurance chômage risque ainsi de diviser encore un peu plus l’opinion publique et d’entraîner de nouvelles tensions sociales. Le gouvernement devra en effet trouver un équilibre délicat entre la nécessité de réduire le déficit public et le respect des droits des travailleurs et des demandeurs d’emploi.








