Shein, Temu, Aliexpress… : l’Assemblée nationale approuve la taxe de 2 euros sur les petits colis

L’adoption de la taxe sur les petits colis d’origine extra-européenne par l’Assemblée nationale déclenche un vif débat politique.

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Shein, Temu, Aliexpress… : l'Assemblée nationale approuve la taxe de 2 € sur les petits colis. Crédit : Getty images | Econostrum.info

Le 19 novembre 2025, l’Assemblée nationale a adopté une nouvelle taxe de 2 euros sur les colis d’une valeur inférieure à 150 euros provenant de pays hors Union européenne. Cette mesure vise à financer des dispositifs de contrôle renforcés des produits importés, en particulier ceux provenant de Chine.

La taxe de 2 euros s’applique aux colis dont la valeur ne dépasse pas 150 euros et qui proviennent de pays extérieurs à l’Union européenne. Selon Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics, cette taxe servira à améliorer la capacité de la France à contrôler l’entrée de produits étrangers sur son territoire. Elle a précisé que les fonds générés par cette taxe seraient utilisés pour financer l’achat de scanners et l'embauche de douaniers afin de mieux surveiller les importations, en particulier les colis jugés potentiellement non conformes ou dangereux.

La mesure a été approuvée par 208 députés contre 87 lors du vote. Elle a reçu le soutien de la majorité gouvernementale et de certains alliés, notamment l’Union des Droites pour la République (UDR), un groupe proche du Rassemblement National. En revanche, le Rassemblement National et plusieurs autres partis de gauche se sont opposés à la taxe.

Les arguments des opposants à la taxe sur les colis d’origine extra-européenne

Les critiques se sont concentrées sur l’impact économique de cette taxe, notamment sur les classes moyennes et populaires. Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National, a dénoncé la mesure en la qualifiant de « taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes ». Il a ajouté : « Faire croire aux Français qu’en taxant les petits colis vous arriverez à augmenter de manière spectaculaire le nombre de contrôles, c’est se moquer du monde », rapporte Le Monde.

De son côté, le groupe La France Insoumise (LFI) a exprimé des préoccupations similaires, soulignant que la taxe toucherait directement les consommateurs plutôt que les plateformes de commerce en ligne. Ils ont suggéré que ce soit aux plateformes elles-mêmes d’assumer cette charge, plutôt qu’aux consommateurs.

Les réponses du gouvernement

En réponse aux critiques de LFI, Amélie de Montchalin a proposé un amendement permettant que la taxe soit perçue par le biais de la TVA, directement auprès des plateformes de commerce en ligne, ce qui a convaincu le groupe de soutenir la mesure. La ministre a souligné que la France serait l’un des premiers pays de l’Union européenne à mettre en œuvre cette taxe, avec une mise en place prévue pour le 1er janvier 2026, avant même des pays comme la Belgique et les Pays-Bas.

Cette initiative fait partie d’un effort plus large au niveau de l’Union européenne pour restreindre l’exonération de droits de douane dont bénéficient actuellement certains petits colis. Amélie de Montchalin a rappelé que, lors de récentes discussions entre ministres des Finances de l’UE, l’objectif était de supprimer ces exonérations, ce qui a contribué à la mise en place de cette taxe en France.

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