Arrêts maladie : le ministre de la Santé choqué appellent les salariés à la modération

Le ministre de la Santé s’est exprimé sur les arrêts maladie. Il a lancé un appel à la modération.

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Arrêts maladie
Arrêts maladie : le ministre de la Santé choqué appellent les salariés à la modération - Crédit : AFP | Econostrum.info

Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a exprimé son mécontentement concernant certains comportements relatifs à l’utilisation des arrêts maladie. Dans sa volonté de réduire les dépenses de santé, il a lancé un appel à la modération concernant les arrêts maladie, qu’il considère comme un outil précieux mais qui doit être utilisé de manière raisonnée.

« C’est une chance que l’on puisse s’arrêter pour se soigner. Il faut l’utiliser avec modération et bon usage », a-t-il déclaré lors de son passage sur BFMTV ce mardi 29 juillet, soulignant qu’il ne souhaitait pas culpabiliser les individus, mais qu’il était « choqué » par certaines attitudes qu’il juge irresponsables. Selon lui, il est inacceptable que des personnes puissent décider « puisque c’est comme ça, je me mets en arrêt maladie » sans réelle justification médicale.

Le ministre de la Santé a fait ces déclarations alors que le gouvernement cherche à réaliser 5,5 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de santé dans le cadre de son plan de maîtrise des finances publiques. L’exécutif a observé depuis plusieurs mois une hausse du nombre d’arrêts maladie, qu’il qualifie de « dérive ». François Bayrou, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a d’ailleurs affirmé que ces arrêts avaient pris des proportions inquiétantes. La ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, a également rappelé la volonté du gouvernement de « mettre fin à des abus » dans ce domaine.

Les causes réelles de l’augmentation des arrêts maladie

Les données présentées par le ministre de la Santé montrent que le recours aux arrêts maladie a augmenté de près de 6,4 % ces dernières années, représentant des coûts considérables pour la sécurité sociale. Ces arrêts, qui coûtent environ 17 milliards d’euros pour le secteur privé et jusqu’à 27 milliards d’euros en incluant les fonctionnaires, sont perçus par l’exécutif comme un facteur de pression sur les finances publiques.

Cependant, une étude de la Drees, publiée en décembre 2024, apporte des éléments importants pour comprendre cette évolution. Selon l’étude, les arrêts maladie ne sont pas nécessairement le signe d’une dérive généralisée, mais sont largement influencés par des facteurs économiques et démographiques.

Le nombre de personnes en emploi a augmenté de manière significative depuis 2010, ce qui a directement impacté le nombre d’arrêts maladie. « Cette progression de l’emploi salarié, particulièrement forte aux deux extrêmes de la pyramide des âges, explique 28 % de l’évolution du montant indemnisé des indemnités journalières », précise l’étude. Par ailleurs, le vieillissement de la population active joue également un rôle important. Les travailleurs âgés de 55 à 64 ans sont désormais plus nombreux à rester actifs plus longtemps en raison des réformes des retraites, ce qui contribue à la hausse des arrêts maladie.

En parallèle, les conditions de travail semblent se détériorer, particulièrement pour les jeunes générations, avec une augmentation de la pénibilité physique et mentale au travail. Selon la Drees, cette dégradation des conditions de travail pourrait expliquer en partie l’augmentation des arrêts, notamment en raison du stress et des charges psychosociales accrues.

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