La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a lancé, le 1er septembre 2025, une campagne de contrôle visant à réduire le nombre d’arrêts maladie prescrits par certains médecins.
Selon Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam cette initiative cible environ 500 médecins généralistes dont la pratique en matière de prescriptions d’arrêts de travail diverge de la norme. En effet, certains de ces médecins prescrivent, selon la Cnam, de deux à quatre fois plus d’arrêts maladie que la moyenne de leurs confrères.
Thomas Fatôme a précisé sur Franceinfo que ces médecins représentent environ 1 à 2 % des praticiens, dont les prescriptions sont jugées excessives par rapport à la majorité des médecins qui prescrivent un arrêt de travail uniquement lorsque cela est médicalement justifié. Dans le cadre de cette campagne, ces 500 médecins recevront une lettre de la Cnam leur demandant des explications sur le nombre d’arrêts de travail délivrés et les incitant à réduire ce nombre d’environ 20 % pour la période à venir.
Objectifs de la campagne et mesures proposées par la Cnam pour limiter les arrêts maladie
L’objectif de cette initiative est de lutter contre les arrêts de travail jugés abusifs, une dépense considérée comme élevée par la Cnam. Thomas Fatôme souligne que les arrêts de travail représentent un coût de près de 16 milliards d’euros par an, et cette dépense continue d’augmenter de manière significative, d’environ un milliard d’euros chaque année. Bien que la Cnam reconnaisse que certaines dépenses sont liées à des facteurs économiques et démographiques, elle estime qu’une partie de cette augmentation n’est pas entièrement justifiée.
Le directeur général de la Cnam a également évoqué des propositions pour une révision plus large du système. Il a suggéré que la durée des arrêts de travail pourrait être limitée, et que les cotisations publiques des entreprises pourraient être ajustées en fonction du nombre d’arrêts maladie dans chacune d’elles. Ces propositions sont destinées à réduire les dépenses de la sécurité sociale à long terme, tout en mettant en place des actions à court terme pour limiter les abus.
Les arrêts maladie sont considérés comme un poste de dépense important pour la Sécurité sociale. Thomas Fatôme a précisé qu’il s’agissait d’une responsabilité de la Cnam d’agir non seulement à court terme mais aussi à moyen et long terme pour contenir cette charge financière. Ainsi, bien que la campagne actuelle vise à réduire les prescriptions d’arrêts maladie abusifs, la Cnam réfléchit également à des solutions structurelles pour limiter cette dépense sur le long terme.







