Le gouvernement a officialisé une réduction du plafond des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés du privé. Dès le 1ᵉʳ avril 2025, les montants alloués en cas d’arrêt maladie seront revus à la baisse, entraînant un manque à gagner pour de nombreux travailleurs. Cette mesure, justifiée par des impératifs budgétaires, inquiète les syndicats et pose la question de son impact sur les salariés les plus vulnérables.
Dès le 1er avril 2025, le plafond des indemnités journalières (IJSS) versées par la Sécurité sociale aux salariés du secteur privé sera revu à la baisse. Le gouvernement a officialisé cette mesure par décret, abaissant le seuil de 1,8 Smic à 1,4 Smic.
Concrètement, cela signifie que le montant maximal d’indemnisation passera de 53,31 euros à 41,47 euros par jour, soit une réduction de plus de 20%. Une décision qui aura un impact direct sur les salariés en arrêt maladie et, dans certains cas, sur les entreprises qui devront compenser cette perte.
Un impact variable selon la situation des salariés
Si certains travailleurs pourront compter sur un complément de salaire versé par leur employeur, encore faut-il remplir les conditions requises. Le Code du travail impose notamment un an d’ancienneté et le respect des délais de transmission des documents médicaux, rappelle Capital. Toutefois, des accords d’entreprise ou des conventions collectives peuvent prévoir des dispositifs plus avantageux.
En fonction de l’ancienneté, la prise en charge évolue : un salarié avec moins de cinq ans dans l’entreprise bénéficie d’un maintien de salaire pendant 60 jours, avec une indemnisation dégressive. Les employés ayant plus de 31 ans d’ancienneté peuvent être couverts jusqu’à 180 jours, selon les mêmes modalités. Mais pour ceux sans prévoyance collective ou sans complément d’entreprise, la perte financière sera brutale.
Les jeunes et les précaires les plus impactés par la baisse des indemnités en arrêt maladie
Les syndicats dénoncent une mesure qui pénalise avant tout les travailleurs les plus fragiles, notamment ceux en CDD ou avec peu d’ancienneté. La CFDT et le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) alertent sur les conséquences de cette réforme. Pour certains salariés, cette baisse pourrait représenter une perte de 360 euros brut par mois, ce qui les mettrait en difficulté en cas d’arrêt prolongé.
Face aux critiques, l’exécutif justifie cette réforme par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Le coût des indemnités journalières a fortement augmenté ces dernières années, et cette mesure devrait permettre d’économiser entre 400 et 600 millions d’euros. Un levier budgétaire dans un contexte où le déficit public devrait se situer entre 5% et 5,5% du PIB en 2025.
Si le gouvernement assume pleinement ce choix, les syndicats et certains experts mettent en garde contre les conséquences sociales d’une telle réforme, qui pourrait accroître la précarité des salariés en arrêt longue durée.