Alors que l’usage de l’argent liquide diminue progressivement en France, son avenir reste un sujet de débat récurrent dans les médias et au sein des instances politiques. Face à cette situation, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a tenu à clarifier sa position lors d’une audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale le 18 février.
Questionné sur une éventuelle disparition du cash, il a déclaré que « la Banque de France n’abandonnera jamais les espèces », et a souligné que « l’accès aux espèces est un droit central de nos concitoyens ». Ce constat intervient alors que l’argent liquide est de moins en moins utilisé pour les transactions courantes, au profit des paiements par carte ou numériques. Selon les chiffres récents, les Français ont effectué un peu plus de 1,1 milliard de retraits en 2024, soit une baisse de 4,3 % par rapport à 2023 et de 7,1 % par rapport à 2022. Parallèlement, le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB) a diminué : 1 500 machines ont disparu en 2024, pour un total de 42 578 DAB en service à la fin de l’année
En parallèle, la part des paiements en espèces dans les points de vente (supermarchés, restaurants, commerces) a été dépassée pour la première fois par celle des paiements par carte, selon une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée fin 2024. Cette évolution reflète une tendance européenne globale : les paiements numériques gagnent du terrain, notamment pour leur rapidité et leur commodité.
Cependant, ce recul n’est pas homogène. Le montant moyen retiré continue de progresser, atteignant 126 euros en 2024, contre 82 euros en 2014, indiquant que lorsque les Français utilisent du cash, ils retirent des sommes plus importantes, souvent pour des usages spécifiques ou pour conserver des liquidités.

Pourquoi l’argent liquide perdure malgré la baisse
Malgré ce déclin, plusieurs facteurs expliquent pourquoi l’argent liquide reste incontournable en France. Il constitue toujours un outil essentiel pour certaines populations. Le cash est utilisé pour les petites dépenses, l’argent de poche ou lorsque les moyens électroniques sont indisponibles, comme en cas de panne technique ou d’absence de réseau. De plus, un débat parlementaire récent porte sur la garantie d’un accès universel aux DAB, notamment dans les zones rurales, avec des propositions pour maintenir au moins une machine par commune ou par tranche de population
Sur le plan de l’inclusion et de la sécurité, économistes et banques centrales rappellent que l’argent liquide demeure une forme d’argent stable et accessible, garantissant la continuité des paiements même en cas de problème technique ou de crise numérique. Les défenseurs du cash insistent également sur le risque d’exclusion pour certaines personnes moins familières des outils numériques, comme les seniors ou les citoyens précaires.
Enfin, les autorités monétaires explorent le lancement d’un euro numérique, qui pourrait compléter l’usage du cash, en conservant les propriétés essentielles de la monnaie fiduciaire tout en répondant aux besoins d’un monde de plus en plus digitalisé. Les discussions européennes se poursuivent, avec un possible lancement vers la fin de la décennie, mais cela n’implique pas la disparition du cash à court terme.








