Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a signé deux décrets réformant l’Aide médicale d’État (AME), publiés au Journal officiel le 7 février 2026. Ces réformes concernent principalement la lutte contre la fraude et la modernisation des systèmes administratifs, sans toucher, pour l’instant, au panier de soins qui définit les prestations couvertes par ce dispositif.
Le premier décret, selon Sébastien Lecornu, vise à renforcer la lutte contre la fraude, un problème identifié comme majeur dans la gestion des dossiers AME. Cette mesure devrait permettre d’économiser jusqu’à 180 millions d’euros, une somme importante dans un contexte où le coût de l’AME continue de croître.
Le second décret concerne la modernisation des systèmes informatiques de l’État. L’objectif est de permettre à tous les fonctionnaires chargés du traitement des demandes, y compris ceux travaillant dans les consulats, d’accéder facilement et rapidement aux informations relatives aux bénéficiaires de l’AME. Cette mesure vise à améliorer l’efficacité de l’administration et à faciliter les démarches pour les demandeurs.
Le panier de soins de l’AME en discussion
Sur la question d’une modification du panier de soins, Sébastien Lecornu a précisé dans une interview à la presse quotidienne régionale que cela pourrait être envisagé à l’avenir. Toutefois, il a souligné qu’aucune modification n’était prévue pour le moment. « Il faudra sans doute réformer le panier de soins, mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes », a-t-il déclaré. Il a ajouté que d’autres priorités, telles que la stratégie migratoire, étaient actuellement plus urgentes.
L’AME, mise en place en 2000, permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’une couverture santé en France. En 2024, près de 466 000 personnes ont bénéficié de cette aide, un chiffre en forte augmentation par rapport à 2014. Le coût de l’AME a doublé en dix ans, atteignant 1,387 milliard d’euros, soit 0,54 % du budget de l’Assurance maladie. Ce dispositif reste essentiel du point de vue sanitaire, mais il est régulièrement critiqué sur le plan politique, notamment par la droite et l’extrême droite, qui plaident pour un durcissement des conditions d’accès à l’AME ou même sa suppression.
Les réformes s’inscrivent dans un objectif d’ajustement du système tout en maintenant l’accès aux soins pour les plus vulnérables. Cependant, ces mesures risquent de mécontenter certains acteurs du secteur de la santé et des associations, qui redoutent que toute restriction ne mette en péril l’accès aux soins pour des personnes déjà fragiles. Le gouvernement, quant à lui, semble vouloir concilier fermeté administrative et nécessité sanitaire.
L’AME fait partie d’un débat plus large sur l’immigration et la gestion des flux migratoires. Sébastien Lecornu a annoncé, par ailleurs, que des mesures étaient en préparation pour accélérer le traitement des demandes de visas et des procédures administratives liées à l’immigration. Ces réformes doivent être testées dès 2026 dans certaines préfectures pilotes, avant une mise en place à l’échelle nationale prévue en 2027.








