L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) alerte dans son dernier rapport sur la présence massive de pesticides dans les produits consommés en Europe.
Publié le 14 mai, le document révèle que « 42 % des aliments vendus en Europe contiennent des résidus de pesticides ». Cette analyse, fondée sur les données collectées en 2023, concerne douze produits alimentaires largement consommés, dont les poires, oranges, oignons, kiwis, pommes de terre, haricots secs, carottes, choux-fleurs et riz.
Les fruits et légumes sont les plus concernés, en raison de leur exposition directe aux traitements phytosanitaires. Cette proportion de contamination est jugée préoccupante, même si elle reste relativement stable par rapport aux décennies précédentes. En revanche, l’EFSA note une augmentation du nombre d’échantillons contenant des résidus de plusieurs substances chimiques en même temps, ce qui renforce les interrogations sur les effets cumulés de ces molécules sur la santé humaine.
Parmi les résidus les plus fréquemment retrouvés, on compte des substances dont l’usage est pourtant interdit ou fortement restreint au sein de l’Union européenne. Cette situation met en lumière la persistance de ces composés dans les sols et les chaînes de production, ainsi que les failles dans la surveillance des importations alimentaires.

Des risques persistants des pesticides et un encadrement remis en question
L’analyse de l’EFSA montre que cette contamination touche indistinctement les productions européennes et les produits importés. Si certaines denrées respectent les seuils réglementaires, la coexistence de multiples résidus chimiques dans un même aliment interroge sur la pertinence des limites actuelles. L’effet cocktail de plusieurs substances actives, même à faible dose, n’est pas suffisamment pris en compte dans les évaluations sanitaires.
Face à ce constat, plusieurs associations de défense de l’environnement appellent à un durcissement des réglementations européennes, jugées insuffisantes pour garantir une protection efficace des consommateurs. Les ONG dénoncent notamment le renouvellement d’autorisations pour certains pesticides controversés, malgré les alertes scientifiques sur leur toxicité.
Le rapport intervient alors que les discussions sur le futur cadre européen d’utilisation des pesticides sont en cours à Bruxelles. De nombreuses voix réclament une réduction significative de l’usage des produits phytosanitaires dans l’agriculture, en appuyant sur la nécessité de soutenir les alternatives écologiques et la transition agroécologique.
La publication de ce rapport relance donc le débat sur la place des pesticides dans l’agriculture moderne et la responsabilité des institutions dans la gestion de ce risque sanitaire. Pour les consommateurs, cette étude souligne l’importance de la transparence, du contrôle renforcé des produits alimentaires et de l’accès à une alimentation plus saine.








