Le gaz et l’hydrogène algériens sont au centre d’intérêt de plusieurs puissances économiques. En effet, face aux tensions géopolitiques mondiales, notamment la guerre en Ukraine, l’Allemagne revoit en profondeur sa stratégie énergétique.
Désormais tournée vers des partenaires alternatifs, elle place l’Algérie au centre de sa nouvelle politique d’approvisionnement. Pour la première fois, le gaz naturel issu des réserves algériennes, estimées à plus de 4 500 milliards de m³, va intégrer le mix énergétique allemand.
Ce réajustement stratégique est motivé par l’abandon progressif du gaz russe. Berlin cherche ainsi à garantir sa sécurité énergétique tout en poursuivant sa transition vers une économie bas carbone. L’Algérie, déjà fournisseur principal de l’Espagne et de l’Italie, s’affirme ainsi comme un pilier énergétique incontournable pour l’Europe. Le gaz algérien transitera par le gazoduc TransMed via l’Italie, avant d’être redistribué vers le marché allemand.
La société allemande VNG a ouvert la voie avec un contrat signé avec Sonatrach, qualifié de partenariat « stratégique ». Les premières livraisons sont prévues à partir de 2026, avec pour objectif une stabilité d’approvisionnement à long terme, dans un contexte jugé moins risqué politiquement. Ce mouvement s’inscrit dans la feuille de route portée par la ministre allemande de l’Économie et de la Protection du climat, Katherina Reiche, qui prévoit la création de centrales au gaz pour une capacité de 20 gigawatts d’ici 2030.
L’accord gazier entre l’Algérie et l’Allemagne ne constitue toutefois qu’un premier pas. La coopération se projette déjà vers l’avenir avec un intérêt croissant pour l’hydrogène vert. Grâce à ses conditions naturelles exceptionnelles — ensoleillement optimal, vastes étendues désertiques et infrastructures solides — l’Algérie ambitionne de produire jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an à l’horizon 2030. L’énergie solaire alimentera le processus d’électrolyse nécessaire à cette production.
Le nouvel eldorado de l’hydrogène vert et du gaz
Le projet central de cette ambition est le corridor énergétique « SoutH2 Corridor », un pipeline de 3 300 kilomètres reliant l’Algérie à l’Allemagne via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche. Soutenu par l’Union européenne, ce projet traduit la volonté de connecter durablement l’Afrique du Nord aux marchés énergétiques de l’Europe. L’Algérie figure aujourd’hui parmi les trois pays arabes les plus prometteurs dans ce domaine, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Sultanat d’Oman.
Ces alliances régionales permettent non seulement des transferts de compétences mais aussi la définition de normes communes. Pour l’Allemagne, l’hydrogène vert algérien s’intègre pleinement à son objectif de décarbonation, en particulier dans les secteurs industriels lourds et les transports. Ce partenariat énergétique témoigne d’une coopération renforcée, porteuse d’enjeux géostratégiques majeurs. Soulignons que la société allemande VNG a exprimé son intérêt pour l’Algérie depuis au moins 3 ans.








