Le taux de change au marché noir des devises en Algérie connaît actuellement une hausse notable, notamment de l’euro, qui poursuit son ascension en raison d’une demande croissante, particulièrement à l’approche de la saison estivale.
Depuis la fin mars, la monnaie européenne a grimpé régulièrement sur le marché informel, où elle s’échange ce lundi 5 mai à 261,5 dinars à la vente et 259,5 à l’achat dans les principales places d’échange, notamment au Square Port-Saïd à Alger. Cette progression est significative, étant donné que l’euro avait atteint 253,5 dinars fin mars, et se rapproche du record de 262 dinars observé en décembre 2024.
L’augmentation de l’euro sur le marché noir s’explique par plusieurs facteurs économiques et sociaux. D’une part, la demande en devises est en forte hausse en raison des départs en vacances à l’étranger, des dépenses liées au Hadj, ainsi que de la préparation pour la saison estivale. D’autre part, l’absence de mécanismes officiels transparents pour l’acquisition de devises renforce la dépendance des Algériens vis-à-vis du marché parallèle. Le taux officiel de la Banque d’Algérie pour l’euro est bien plus bas, à 150,04 dinars, ce qui accentue le décalage entre le marché officiel et informel.

Le taux de change du dollar se stabilise
Le dollar américain, en revanche, reste relativement stable tant sur le marché officiel que parallèle. Il s’échange à environ 235 dinars à l’achat et 238 dinars à la vente sur le marché informel, un taux qui n’a pas connu de grandes variations ces dernières semaines. En comparaison, la Banque d’Algérie propose un taux beaucoup plus faible pour le dollar, à 132,60 dinars. Cette stabilité contraste avec la dynamique haussière de l’euro, qui devient de plus en plus recherché, notamment pour les dépenses liées aux voyages et aux échanges personnels.
La hausse du taux de change de l’euro a également été alimentée par l’incertitude liée à l’augmentation de l’allocation touristique, qui devait être mise en place à 750 euros par an. Bien que cette mesure ait été annoncée pour mi-avril, elle n’a pas encore été officialisée, maintenant ainsi une pression sur le marché parallèle. Le retard dans l’application de cette mesure contribue à alimenter la demande pour l’euro sur le marché noir.
En parallèle, l’offre de devises sur le marché informel a diminué en raison du renforcement des contrôles douaniers et d’une législation plus stricte interdisant la participation des non-résidents à ces échanges. Cette réduction de l’offre, couplée à la demande accrue, devrait maintenir la pression sur les prix de l’euro dans les semaines à venir.








