Secteur industriel : les chefs d’entreprise du privé et du public tirent un bilan mitigé (ONS)

L’enquête de l’ONS révèle que le secteur industriel en Algérie a connu des avancées, mais également certains freins en 2024.

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Secteur industriel : les chefs d’entreprise du privé et du public tirent un bilan mitigé (ONS). Crédit : Canva | Econostrum.info - Algérie

L’Office national des statistiques (ONS) a publié une enquête portant sur la situation du secteur industriel en Algérie durant le dernier trimestre de 2024. Cette étude donne un aperçu des évolutions constatées par les chefs d’entreprise, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

Globalement, le secteur industriel affiche une tendance favorable en matière d’activité, de demande, d’emploi et de trésorerie, mais certains aspects restent préoccupants. Selon les résultats du sondage, l’activité dans le secteur industriel a connu un accroissement au cours des trois derniers mois de l’année, avec une croissance plus marquée dans le secteur privé.

Près de 73 % des chefs d’entreprise privés interrogés rapportent un taux d’utilisation des capacités de production supérieur à 75 %, alors que dans le secteur public, ce taux dépasse les 50 %. Sur le plan de l’approvisionnement, la majorité des managers du privé estiment que le niveau des matières premières était « égal à la demande exprimée ». En revanche, pour plus de 30 % des responsables dans le secteur public, l’approvisionnement restait inférieur aux besoins, provoquant des ruptures de stock pour plus de 40 % d’entre eux.

Le sondage met également en lumière des problèmes d’électricité dans le secteur public, avec plus de 5 % des chefs d’entreprise ayant signalé des pannes entraînant des arrêts de travail, bien que ces interruptions aient duré moins de six jours. En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, les entreprises des deux secteurs se disent globalement, satisfaites.

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Capture d’écran d’un graphe publié dans le rapport de l’ONS

Demande stable ou en hausse, mais des contraintes persistent dans le secteur industriel

Sur la demande des produits fabriqués, les responsables du secteur public la jugent stable, tandis que ceux du secteur privé indiquent une augmentation durant la période étudiée. La majorité des entreprises privées, ainsi que plus de 62 % de celles du public, affirment avoir « satisfait toutes les commandes reçues ». Concernant l’emploi, les managers du privé ont observé une hausse des effectifs au quatrième trimestre 2024, alors que ceux du public rapportent une stabilité.

Le niveau de qualification des employés est jugé suffisant par la plupart des chefs d’entreprise, et les patrons du privé précisent qu’ils n’ont « pas trouvé des difficultés à recruter ». Cependant, la majorité des entreprises estiment qu’elles ne peuvent pas accroître la production en embauchant plus de personnel. L’enquête révèle que plus de 85 % des entreprises publiques et près de 77 % des privées considèrent qu’« il est possible de produire davantage en renouvelant les équipements et sans embauche supplémentaire de personnel ».

Malgré ces signes positifs, certains freins subsistent. L’allongement des délais de recouvrement des créances, les charges d’exploitation élevées et le remboursement des emprunts continuent d’affecter la trésorerie des entreprises. Ces contraintes pèsent sur la capacité d’investissement et la croissance à court terme, selon les chefs d’entreprise interrogés.

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Capture d’écran de la méthodologie de l’enquête publiée par l’ONS

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