Le prix de la banane en Algérie a subi une hausse considérable au cours des dernières semaines, atteignant 700 DA le kilogramme, un montant particulièrement élevé pendant la première semaine du mois de Ramadan.
Ce phénomène a provoqué un mécontentement général chez les consommateurs, qui ont lancé des campagnes de boycott pour tenter de faire baisser le prix de ce fruit. L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a réagi face à cette flambée en publiant un communiqué dans lequel elle met en cause certains importateurs.
Des accusations de spéculation et de pratiques trompeuses
Dans son communiqué, l’UGCAA a affirmé que « ce ne sont ni les commerçants détaillants, ni les grossistes, ou encore les opérateurs qui en sont à l’origine, mais plutôt certains importateurs ». Ces derniers, selon l’organisation, « vendent la banane à des prix élevés, tout en imposant aux commerçants des facturations à des tarifs bien inférieurs, ce qui entraîne une hausse injustifiée des prix ».
L’UGCAA a également dénoncé des pratiques de spéculation liées à la fixation des prix. « Les prix sont fixés quotidiennement par des messages » envoyés par les importateurs à leurs agents, permettant ainsi une spéculation sur le marché. Cette situation a ouvert la porte à des pratiques de manipulation des prix, rendant la situation particulièrement difficile pour les consommateurs.
L’UGCAA a rappelé que ces pratiques avaient déjà été dénoncées il y a plus d’un an, mais que jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’avait été prise pour y remédier. L’Union a ainsi demandé une révision des contrôles de l’importation et de la fixation des prix, notamment en renforçant les mécanismes de transparence au niveau des factures d’achat et des procédures douanières.
Les solutions proposées par l’UGCAA pour stabiliser le marché de la banane
Pour résoudre cette problématique et éviter de futures hausses imprévues, l’UGCAA propose plusieurs solutions. Parmi celles-ci figure la « mise en place d’une plus grande transparence dans les factures d’achat et les procédures douanières », visant à rendre les importations plus visibles et à démasquer les acteurs responsables de l’augmentation des prix. L’organisation préconise également le plafonnement des marges bénéficiaires sur la banane, une pratique déjà appliquée pour d’autres produits de base comme les viandes rouges et le café.
Une autre suggestion importante concerne l’importation de la banane. L’UGCAA propose que l’État prenne en charge cette activité par le biais des Offices relevant du ministère de l’Agriculture. Cette initiative viserait à rééquilibrer le marché et à éviter les situations de monopole, qui limitent la concurrence et augmentent les prix.
Le ministre Tayeb Zitouni, il y a dix mois, avait mis en garde contre la spéculation, affirmant que « le prix de la banane ne devait pas dépasser les 200 DA/kg ». Malgré cet avertissement, les prix ont continué à grimper, alimentant la colère des consommateurs. Le président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, a aussi dénoncé la situation, qualifiant la hausse des prix de « spéculation pure et simple » et appelant à des sanctions contre les responsables.








