Les cours du pétrole ont connu un léger repli ce jeudi 15 mai, après avoir bénéficié d’une hausse en début de semaine. Ce repli s’explique par la prudence des marchés face à des signaux économiques contradictoires et aux incertitudes entourant les accords commerciaux récemment annoncés entre Washington, Pékin et Londres.
Le baril de Brent est cédé à 63,61 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a quant à lui reculé et se vend à 60,63 dollars. Cette tendance marque une pause après la hausse observée en début de semaine, encouragée par la détente commerciale apparente entre les grandes puissances.
Selon Bart Melek, de TD Securities, cité par l’AFP, « ce à quoi nous assistons, c’est essentiellement un renversement des fortes hausses enregistrées » en début de semaine, en partie dû à des prises de bénéfices. La prudence domine, d’autant que les accords signés restent temporaires et que les tensions commerciales ne sont pas complètement levées.
Incertitudes sur la demande et pressions sur l’offre du pétrole
Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, observe que « même avec l’accord commercial sino-américain » officialisé cette semaine, « qui ne devrait durer que 90 jours, les droits de douane devraient être nettement plus élevés qu’avant 2025 ». Il estime que cette situation « entraînera des difficultés économiques et freinera une croissance saine de la demande de pétrole ».
Par ailleurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) ont prévu d’augmenter leur production, annulant progressivement leurs réductions volontaires. Selon Bart Melek, cette décision « ravive les inquiétudes d’une offre trop abondante ». Le cartel prévoit une hausse de la production à 411 000 barils par jour.
Tamas Varga souligne également qu’« il existe un consensus croissant sur le fait que les stocks mondiaux de pétrole vont gonfler cette année, et seront plus élevés qu’en 2024 ». Enfin, les données hebdomadaires de l’Agence américaine sur l’énergie ont montré une hausse inattendue de 3,5 millions de barils des réserves de brut aux États-Unis, alors que les analystes anticipaient une baisse de 2,2 millions. Ce chiffre a contribué à renforcer la nervosité des marchés, confrontés à des signaux de surabondance et de faiblesse de la demande.
Ainsi, après un mois d’avril difficile marqué par une chute des prix, le marché pétrolier a connu un léger rebond. Ce redressement s’appuie sur la suspension partielle des droits de douane entre les États-Unis et la Chine, qui a ravivé l’espoir d’une reprise du commerce mondial. L’OPEP, de son côté, a maintenu ses prévisions de croissance de la demande pour 2025 et 2026, contredisant les analyses pessimistes.








