Les cours du pétrole ont enregistré une nette hausse ce lundi 2 juin, le marché étant soulagé que l’augmentation de la production décidée par l’Opep+ ne soit pas plus importante que prévu. Cette hausse intervient alors que les investisseurs suivent de près l’évolution des discussions entre Moscou et Kiev concernant le conflit en Ukraine.
Le baril de Brent, référence du pétrole algérien, prenait 3,50% pour s’établir à 65,12 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), gagnait 3,55% à 63,32 dollars. Selon John Evans, analyste chez PVM, le marché a « le sentiment que la décision de l’OPEP+ aurait pu être pire », ce qui explique la hausse des prix malgré l’augmentation de l’offre.
L’Opep+ avait déjà commencé à augmenter la production en avril, et ce samedi, elle a annoncé une nouvelle hausse forte de 411 000 barils par jour pour juillet. Ce volume est trois fois supérieur à ce qui avait été initialement prévu dans leur plan de décembre. Cette hausse était largement anticipée, car des rumeurs évoquaient une augmentation encore plus importante, ce qui avait fait baisser les cours vendredi.

Une stratégie saoudienne derrière la hausse de production de pétrole
Derrière ces décisions, l’Arabie saoudite semble vouloir faire baisser les prix pour exercer une pression sur certains membres de l’Opep+ qui ne respectent pas leurs quotas, notamment le Kazakhstan. Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, explique que « pour que l’Arabie saoudite rende le commerce déficitaire pour le Kazakhstan, le prix du pétrole doit tomber en dessous de 58 dollars par baril ». Cela pourrait pousser le royaume à augmenter encore sa production en août.
Par ailleurs, les discussions directes entre Russes et Ukrainiens à Istanbul sont suivies attentivement, car elles pourraient influencer le marché pétrolier. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, souligne que « pour le marché pétrolier, la question clé est de savoir si les États-Unis décideront de durcir les sanctions contre la Russie ». Une proposition du Sénat américain pour des mesures plus strictes bénéficie d’un large soutien, mais l’ancien président Trump ne l’a pas encore soutenue.
De nouvelles sanctions sur le secteur pétrolier russe limiteraient la capacité de Moscou à vendre du brut, ce qui serait perçu comme un facteur haussier pour les prix. Malgré la hausse de la production, le marché semble donc parier sur des tensions géopolitiques et des mesures restrictives qui pourraient limiter l’offre à moyen terme, maintenant ainsi les prix à un niveau élevé.








