Les tensions croissantes au Moyen-Orient, notamment entre Israël et l’Iran, ont eu un impact immédiat sur les cours du pétrole. Le prix du baril de Brent a bondi de plus de 12 % en cours de séance, à 78,50 dollars, son niveau le plus élevé depuis janvier, avant de redescendre à 74, 23 dollars.
De son côté, le West Texas Intermediate (WTI), l’équivalent américain du Brent, a enregistré une hausse de 7,26 %, atteignant 72,98 dollars, avec un sommet à 77,62 dollars. Cette envolée des prix est liée à la crainte de perturbations dans la production et l’acheminement de l’or noir en raison des conflits géopolitiques dans la région.
L’escalade des tensions a été alimentée par des frappes israéliennes intensifiées contre des sites militaires et nucléaires iraniens, tuant des responsables de haut rang en Iran. En réponse, Téhéran a affirmé avoir abattu deux avions militaires israéliens et lancé des tirs de missiles sur Israël. Cette situation a alimenté les inquiétudes concernant des perturbations possibles de l‘approvisionnement en pétrole. Carsten Fritsch et Barbara Lambrecht, de Commerzbank, soulignent que’ « un tiers de l’approvisionnement mondial en pétrole provient du Moyen-Orient », ce qui rend la région particulièrement vulnérable en cas d’intensification du conflit.

La menace d’une perturbation du détroit d’Ormuz fait flamber les cours du pétrole
Malgré le fait que, pour l’instant, aucune installation pétrolière n’ait été touchée, la situation reste tendue. Certains experts, comme Andy Lipow de Lipow Oil Associates, ont suggéré que l’Iran pourrait viser des pétroliers transportant du pétrole destiné aux États-Unis, ce qui pourrait entraîner des perturbations importantes dans les flux commerciaux. L’Iran, bien qu’il ne soit que le neuvième producteur mondial avec environ 3,3 millions de barils par jour, joue un rôle stratégique majeur en raison de sa position géographique, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 millions de barils de pétrole chaque jour.
Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, qualifie un blocage de ce passage étroit de « cauchemar absolu » pour le marché pétrolier. Des analystes d’ING avertissent qu’ « une perturbation importante de ces flux suffirait à faire grimper les prix à 120 dollars le baril ». Cette situation pourrait mettre à mal l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont la capacité de réserve se trouve principalement dans le Golfe Persique, une zone déjà très sensible aux tensions actuelles.
La hausse des prix du pétrole pourrait donc se prolonger si le conflit s’intensifie, et des perturbations supplémentaires dans la région risquent de compliquer davantage la situation économique mondiale.








