Le secteur de l’immobilier en Algérie franchit une nouvelle étape. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a assisté le 14 août à la conclusion d’un protocole d’accord réunissant son département, la direction générale des Domaines et le ministère de la Justice, représenté par la Chambre nationale du notariat.
Ce texte établit une coopération en matière d’échanges de données numériques et marque une étape supplémentaire dans la volonté de rapprocher les systèmes publics. L’un des aspects clés est l’accès direct accordé aux notaires aux bases cadastrales et foncières, une mesure présentée comme essentielle pour rendre les transactions immobilières plus fluides et plus sûres.
Dans un communiqué officiel, le ministère des Finances a précisé que « cet accord permet aux notaires d’accéder et de consulter les données numériques des bases cadastrales et foncières de la direction générale des Domaines ». Cette disposition devrait simplifier les procédures et offrir aux professionnels de l’immobilier un outil de vérification en temps réel, réduisant ainsi les délais administratifs et limitant les risques d’erreurs ou de fraudes.
Un virage vers l’interopérabilité des systèmes publics dans l’immobilier
Jusqu’ici, les informations sur la situation juridique d’un terrain ou d’un bâtiment nécessitaient des démarches longues, souvent effectuées physiquement auprès de plusieurs services. Avec l’ouverture des bases en ligne, les notaires disposeront d’une source fiable et directement accessible. Cette évolution répond à une problématique récurrente en Algérie, où l’absence de fluidité administrative a longtemps pesé sur la sécurisation des opérations foncières.
Ce protocole ne s’arrête toutefois pas à la seule question foncière. Il s’inscrit dans un mouvement plus large qui vise à instaurer l’interopérabilité entre administrations. Le principe repose sur la création de passerelles numériques permettant aux institutions publiques d’échanger des données de manière sécurisée, tout en respectant le cadre légal.
Comme l’a souligné la Haut-Commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, lors de la présentation du Référentiel national de la gouvernance des données en février dernier, ce dispositif doit « garantir un échange sécurisé de données entre les départements ministériels et les organismes publics », une condition jugée essentielle pour moderniser l’action administrative et améliorer les services proposés aux citoyens.
La mise en œuvre de ce type de projets reste néanmoins complexe. Les administrations ne sont pas toutes au même niveau d’équipement et certaines utilisent encore des systèmes non centralisés. Ces disparités ralentissent la construction de passerelles fiables et homogènes. À cela s’ajoutent des interrogations juridiques, notamment autour de la protection des données personnelles, de la sécurisation des accès et de la responsabilité en cas de défaillance.
Malgré ces obstacles, le gouvernement place ce protocole dans le cadre plus vaste de la stratégie nationale de transformation numérique. À terme, l’objectif est d’aboutir à un environnement totalement interconnecté dans le secteur de l’immobilier, dans lequel un citoyen ou une entreprise pourra accomplir l’ensemble de ses démarches via une plateforme unique et sécurisée. Chaque accord signé, comme celui conclu entre les Domaines et les notaires, est perçu comme un maillon d’une chaîne devant relier progressivement finances, justice et services territoriaux.
En avançant dans cette direction, l’Algérie espère bâtir un écosystème administratif cohérent, capable de fournir des services rapides, fiables et transparents. L’interopérabilité devient alors un levier concret de modernisation et non plus seulement un concept technique, contribuant à renforcer la confiance des citoyens et à soutenir la dynamique de développement national.








