Le gouvernement examine le projet de création d’une banque postale

Le projet de la création d’une banque postale fait son chemin en Algérie.

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Banque Postale
Le gouvernement examine le projet de création d'une banque postale. Crédit : Algérie Poste | Econostrum.info - Algérie

Le projet de création d’une banque postale en Algérie, maintes fois évoqué, mais jamais concrétisé, vient de franchir une étape décisive. Lors d’une réunion gouvernementale qui au lieu le 11 juin, ce chantier a été officiellement examiné, selon un communiqué diffusé par les services du Premier ministère.

« Dans le cadre du renforcement et de la modernisation des services bancaires, le gouvernement a entendu une communication sur le projet de création d’une banque postale sous la forme d’une filiale d’Algérie Poste » indique un communiqué du premier ministère. Cette future entité bancaire vise à élargir l’accès aux services financiers en ciblant les zones les moins desservies et les populations peu ou pas bancarisées.

Pensée comme un levier de démocratisation de l’accès aux services bancaires, cette banque postale jouera un rôle complémentaire aux établissements traditionnels. Son activité, centrée sur des services d’intérêt public plus que sur une logique commerciale, permettrait de proposer des produits bancaires essentiels (épargne, paiement, transfert, etc.) à des coûts plus accessibles. « Ce projet (…) contribuera à rapprocher les services bancaires des citoyens, à attirer les dépôts financiers et à améliorer les services financiers universels et diversifiés » indique le même communiqué.

La banque postale, un outil pour renforcer l’inclusion financière

Grâce au réseau dense de bureaux de poste déployés dans tout le pays, la banque postale pourra compter sur une présence territoriale étendue. En 2024, l’Algérie comptait plus de 4 332 bureaux de poste actifs, avec une densité postale d’un bureau pour 10 500 habitants. Ce maillage constitue une base solide pour faciliter la bancarisation des populations éloignées des circuits classiques. Par ailleurs, le nombre de cartes Edahabia, dépassant les 16 millions selon les chiffres du Groupement d’intérêt économique monétique, témoigne du potentiel à exploiter.

Le gouvernement espère que cette nouvelle banque contribuera à capter une part de la masse monétaire encore largement en circulation hors des circuits officiels. En réintégrant ces fonds dans le système bancaire, elle participerait à améliorer la stabilité économique et la transparence des flux financiers. La Banque centrale estime que le taux de bancarisation reste en dessous des standards, bien que des progrès soient enregistrés. En 2023, le pays comptait 3,41 comptes par personne en âge de travailler, contre 3,26 en 2022.

La future banque postale pourrait donc agir comme un catalyseur de modernisation et d’équité financière. En complément des banques classiques, elle offrirait des services simples et sécurisés à une population plus large, participant ainsi à un objectif plus large de réforme bancaire. En donnant son feu vert à ce projet, le gouvernement affiche sa volonté d’adapter l’infrastructure financière du pays aux besoins d’une société en pleine transformation.

 

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