Gaz : l’Algérie renforce sa position de premier fournisseur de l’Espagne

L’Algérie a renforcé sa position de premier fournisseur de gaz à l’Espagne devant les États-Unis.

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Gaz : l'Algérie renforce sa position de premier fournisseur de l'Espagne. Crédit : Canva | Econostrum.info - Algérie

En juillet 2025, l’Algérie a renforcé son statut de premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, confirmant un partenariat énergétique stratégique malgré un contexte diplomatique encore fragile.

Selon les données de l’opérateur espagnol Enagás, le pays a couvert 32,9 % de la demande espagnole, soit 10 211 GWh, principalement acheminés via le gazoduc Medgaz reliant directement Beni Saf à Almería. Une fraction moindre, 881 GWh, a été livrée sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Les États-Unis arrivent en deuxième position avec 20,6 % de parts, suivis par la Russie.

Ce leadership s’inscrit dans la continuité des performances enregistrées depuis le début de l’année, l’Algérie représentant 32 % des importations espagnoles de gaz sur les sept premiers mois de 2025. Ce maintien reflète la solidité des infrastructures gazières reliant les deux pays et la constance des livraisons, y compris lors des tensions diplomatiques passées.

En plus des exportations du gaz, reprise spectaculaire des échanges commerciaux bilatéraux

Au-delà du gaz, les relations économiques entre Alger et Madrid connaissent un net rebond. Après plus de deux ans de blocage lié au différend sur le Sahara occidental, les échanges ont été relancés à partir de novembre 2024, à la suite de la levée des restrictions bancaires. Entre janvier et mai 2025, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint près de 900 millions d’euros, soit une progression de 162 % par rapport à la même période en 2024.

En mai 2025, l’Espagne a expédié 217 millions d’euros de marchandises vers l’Algérie, contre 54,5 millions un an plus tôt. Parmi les secteurs les plus dynamiques figure l’industrie céramique, particulièrement concentrée dans la région de Castellón, qui a regagné des parts de marché face à la Turquie et à l’Italie. L’agroalimentaire, la chimie, la machinerie, l’équipement électrique et l’automobile profitent également de cette relance.

Des voix autorisées, comme celle de Djamal Eddine Bouabdallah, président du Cercle de commerce et d’industrie algéro-espagnol, estiment que les volumes d’échanges sont déjà proches des niveaux d’avant-crise. Néanmoins, sur le plan diplomatique, la normalisation reste prudente. L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi rappelle qu’en dépit des tensions, l’Algérie n’a jamais interrompu ses livraisons gazières, soulignant la fiabilité de ce partenariat.

En juin 2025, l’Algérie fournissait encore entre 26 et 30 % du gaz mensuel de l’Espagne, devant la Russie mais derrière les États-Unis, illustrant la compétition croissante sur le marché énergétique européen. Cette position dominante, conjuguée à la reprise des échanges commerciaux, laisse entrevoir un approfondissement de la coopération économique, à condition que la stabilité politique et diplomatique entre les deux rives de la Méditerranée se consolide dans les mois à venir.

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