Selon le dernier rapport de l’Office national des statistiques (ONS), le taux de couverture des importations par les exportations en Algérie a reculé de manière significative au cours des neuf premiers mois de 2024. Ce ratio, qui était de 130,2 % en 2023, est tombé à 107,2 %, traduisant une réduction notable de l’excédent commercial, qui a chuté de 74,4 % par rapport à l’année précédente.
Cette évolution est principalement due à une baisse des exportations, tant en valeur qu’en volume, tandis que les importations ont, elles, enregistré une hausse. Ces chiffres reflètent les défis structurels de l’économie algérienne, encore largement dépendante des hydrocarbures.
Exportations en baisse, importations en hausse
Entre janvier et septembre 2024, les exportations algériennes ont diminué de 11,2 %, atteignant 4 960,5 milliards de dinars contre 5 584,8 milliards sur la même période en 2023. La chute des cours des hydrocarbures, qui ont perdu 6,1 % de leur valeur, constitue la principale explication de ce recul. Les produits hors hydrocarbures n’ont pas échappé à cette tendance, enregistrant une baisse de 6,5 % des prix à l’exportation.
En parallèle, les importations ont connu une dynamique inverse. Elles ont augmenté de 7,9 % en valeur courante pour s’établir à 4 628,8 milliards de dinars, contre 4 288,9 milliards l’année précédente. En volume, les importations ont progressé de 13,2 %, avec des hausses notables dans les catégories « boissons et tabacs » (+71,4 %) et « combustibles minéraux et lubrifiants » (+9,4 %), selon le rapport de l’ONS.
Une économie vulnérable aux fluctuations externes
Cette baisse du taux de couverture met en lumière la vulnérabilité de l’économie algérienne face aux fluctuations des cours internationaux des hydrocarbures. Les exportations de pétrole et de gaz représentant une part majoritaire des revenus extérieurs, toute baisse de leur valeur a un impact immédiat sur la balance commerciale.
De plus, la dépendance croissante aux importations, notamment pour des biens manufacturés, accentue ce déséquilibre. Bien que les prix à l’importation aient globalement diminué de 4,7 %, certaines catégories, comme les produits chimiques et le matériel de transport, ont vu leurs coûts augmenter, ajoutant une pression supplémentaire sur les finances publiques.
Vers une diversification économique nécessaire
Pour améliorer son taux de couverture des importations, l’Algérie devra redoubler d’efforts pour diversifier son économie. Cela inclut le développement des exportations hors hydrocarbures et la promotion de secteurs stratégiques comme l’agriculture, les énergies renouvelables et l’industrie.
La baisse des termes de l’échange, passés de 99 % à 97,4 %, illustre également la nécessité d’une gestion plus efficace des importations et d’un soutien accru aux secteurs capables de générer des revenus en devises.
Cette situation rappelle l’urgence de mener des réformes économiques structurelles pour réduire la dépendance aux hydrocarbures et assurer une stabilité commerciale durable dans un contexte mondial incertain.