Sites d’essais nucléaires et armes chimiques utilisés en Algérie : Tebboune rappelle à la France ses responsabilités

Dans un contexte diplomatique tendu, Abdelmadjid Tebboune a appelé la France à assumer sa responsabilité dans la décontamination des sites nucléaires en Algérie. Dans une interview à L’Opinion, il a exigé des informations précises sur les zones contaminées et dénoncé les effets persistants des essais nucléaires et chimiques coloniaux.

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Une photo d'une explosion suite à des essais nucléaires
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Dans un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé la nécessité de décontaminer les sites d’essais nucléaires français en Algérie. Dans une interview accordée au journal français L’Opinion, il a insisté sur la responsabilité de la France et l’importance d’une coopération bilatérale pour remédier aux effets persistants de ces essais.

La France a effectué 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966, notamment à Reggane et In Ekker. Ces tests ont causé une contamination radioactive durable, avec des conséquences graves sur l’environnement et la santé des populations locales.

« Nous estimons que l’Algérie doit le faire avec la France » 

Abdelmadjid Tebboune a affirmé que le dossier de la décontamination des sites nucléaires est une obligation sur les plans humain, moral, politique et militaire. Selon lui, l’Algérie pourrait théoriquement solliciter l’aide d’autres nations, mais la France doit assumer son rôle : « Nous pouvions le faire avec les Américains, les Russes, les Indonésiens, les Chinois. Nous estimons que l’Algérie doit le faire avec la France qui doit nous dire avec précision les périmètres où ces essais ont été réalisés et où les matériaux sont enterrés », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État algérien a également abordé la question des armes chimiques utilisées à Oued Namous, dans l’ouest du pays : « J’ai commencé ma carrière de fonctionnaire à Béchar, à l’ouest du pays, au tout début des années 1970. Pratiquement toutes les semaines, nous avions des plaintes d’éleveurs relatives à la mort de leurs bêtes. Il ne faut pas mettre la poussière sous le tapis et régler définitivement ces contentieux », a-t-il expliqué.

Une coopération bilatérale au point mort sur le dossier des essais nucléaires 

Malgré la reconnaissance par la France, en 2009, des effets néfastes de ces essais nucléaires via la loi Morin, les actions concrètes restent limitées. Alger exige que Paris fournisse des informations précises sur les lieux d’enfouissement des déchets radioactifs et participe activement à la décontamination des zones affectées.

Cette question s’inscrit dans un cadre diplomatique complexe, marqué par des tensions récurrentes entre les deux pays. L’Algérie souhaite désormais placer ce dossier parmi les priorités de la coopération bilatérale, avec une exigence claire : la reconnaissance et la réparation des dommages causés par ces essais.

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