Emploi : L’Algérie disposée à accueillir la main d’œuvre du Sahel sous conditions

Abdelmadjid Tebboune a évoqué la question de l’emploi des subsahariens en Algérie

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Emploi : L'Algérie disposée à accueillir la main d’œuvre du Sahel sous conditions. Crédit : Canva | Econostrum.info - Algérie

Abdelmadjid Tebboune a abordé la question de l’emploi des travailleurs subsahariens, un sujet sensible très peu évoqué auparavant. Lors d’une rencontre à Béchar avec des membres de la société civile, il a affirmé : « Nous n’avons aucune objection. Nous avons d’excellentes relations avec tous les peuples d’Afrique, et plus particulièrement ceux des pays du Sahel. Certes, nous ne sommes pas d’accord avec les putschistes dans certains pays, mais pas avec les peuples. Dans cette région, les liens familiaux sont profonds et denses ».

Cette déclaration marque un tournant dans la politique migratoire du pays, puisque l’Algérie pourrait ainsi ouvrir ses portes à la main-d’œuvre en provenance du Sahel, en particulier pour les secteurs nécessitant une forte demande de travail, tels que l’agriculture et la construction.

Le chef de l’État a précisé que l’Algérie ne voit aucun obstacle à l’arrivée de travailleurs subsahariens, mais a insisté sur l’importance d’organiser cette entrée pour éviter des problèmes liés à la sécurité. « C’est pourquoi, nous n’avons pas de problèmes à ce que les migrants subsahariens travaillent en Algérie. Les chantiers sont là et les gens ont besoin de main-d’œuvre, notamment dans l’agriculture. À condition que leur entrée sur le territoire soit organisée », a-t-il souligné.

Des conditions strictes pour encadrer l’emploi de ces étrangers

L’Algérie a déjà un cadre légal pour l’emploi des étrangers, qui requiert notamment que ces derniers soient titulaires d’un permis de travail. Cependant, la situation actuelle, marquée par une arrivée importante de migrants, notamment subsahariens, a suscité des préoccupations.

Beaucoup d’entre eux arrivent dans le pays sans statut légal, cherchant à travailler dans différents secteurs, souvent sans aucune couverture sociale. Cela a entraîné une multiplication des problèmes liés à l’immigration illégale et à la mendicité, que Tebboune a reconnu, affirmant : « Nous faisons face à des flux de milliers de migrants par jour qui pratiquent la mendicité. La mendicité est partout, à Alger, à Oran… des femmes avec des bébés, ce n’est utile ni pour eux ni pour nous ».

Le chef de l’État a ajouté que l’Algérie serait prête à accueillir cette main-d’œuvre, mais seulement sous certaines conditions. La priorité sera donnée à la régularisation de leur situation. « Nous avons dit que cela se fera lorsque la situation se stabilisera au Sahel ; et nous en avons discuté au plus haut sommet de l’État, que nous devons aider nos frères africains », a-t-il déclaré. Le processus d’intégration des travailleurs subsahariens passera par des démarches administratives rigoureuses, y compris la demande de permis de travail.

Ainsi, bien que l’Algérie soit prête à ouvrir ses portes à cette main-d’œuvre, elle insiste sur la nécessité d’un contrôle strict de l’immigration afin d’assurer la sécurité et la stabilité du pays tout en apportant une aide concrète aux pays voisins du Sahel.

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