Les cryptomonnaies ne peuvent plus être utilisées en Algérie en toute légalité. En effet, dans un contexte où les monnaies virtuelles connaissent une popularité croissante dans le monde entier, l’Algérie a pris une décision ferme pour restreindre leur utilisation.
Le pays vient d’adopter une loi interdisant l’usage, la création et l’échange des cryptomonnaies, dans un objectif de renforcer la lutte contre les activités illégales telles que le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette réglementation s’inscrit dans une démarche plus large visant à sécuriser le système financier national et à limiter les risques liés aux actifs numériques.
La loi récemment promulguée et publiée dans le Journal officiel n°48 du 24 juillet 2025, inscrite dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, vient compléter et renforcer les dispositifs législatifs précédents. Initialement, en 2018, l’Algérie avait déjà interdit l’achat, la vente, l’utilisation et la détention des cryptomonnaies dans le but de mieux contrôler les transactions financières et de limiter les risques liés aux activités criminelles. L’article 113 de la loi de finances de 2018 stipulait que « l’achat, la vente, l’utilisation et la détention de la monnaie dite virtuelle » étaient prohibés.
Une législation renforcée contre les cryptomonnaies
Le texte récemment adopté va plus loin. Désormais, l’émission, l’acquisition, la détention ou la promotion des cryptomonnaies sont considérées comme des infractions. L’introduction de l’article 6 bis dans la législation interdit explicitement l’exploitation de plateformes d’échange, la création de portefeuilles électroniques et toute forme de publicité en faveur de ces monnaies virtuelles. La possession de cryptomonnaies devient ainsi un acte illégal, exposant les contrevenants à des sanctions sévères.
Pour dissuader toute tentative de violation de ces nouvelles règles, l’article 31 bis prévoit des peines de prison allant de 2 mois à 1 an, ainsi qu’une amende pouvant varier de 200 000 à 1 000 000 de dinars, selon la gravité de l’infraction. Cette réglementation montre la détermination des autorités algériennes à éradiquer l’utilisation des cryptomonnaies, qu’elle soit à des fins personnelles, professionnelles ou spéculatives.
Le cadre législatif vise à réduire l’opacité qui entoure les cryptomonnaies, qui évoluent dans un écosystème décentralisé, échappant souvent à la surveillance des institutions financières. Les autorités veulent mettre fin à cette situation, perçue comme instable et risquée pour la stabilité économique du pays.
Ces nouvelles règles visent également à répondre aux recommandations internationales, en particulier celles du Groupe d’Action Financière (GAFI), qui surveille les efforts des pays dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’Algérie, inscrite sur la liste grise du GAFI, doit désormais mettre en œuvre des mesures adaptées pour sortir de cette liste. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzerd, a salué les progrès réalisés dans ce domaine et a insisté sur l’importance de l’engagement des institutions financières pour renforcer la sécurité du système financier national.








