L’Algérie poursuit ses efforts pour améliorer son système de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme afin de sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) dans les meilleurs délais.
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a souligné la nécessité d’« élever la cadence de la mise en œuvre des actions convenues avec le Groupe d’action financière (GAFI) » et insisté sur l’importance d’adopter un nouveau mode de fonctionnement du Comité national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et du financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Des réformes en cours pour aligner le cadre national aux normes internationales
Lors d’une réunion extraordinaire de ce comité, qui s’est tenue au ministère des Finances, les avancées du plan d’action national ont été passées en revue. Ce plan, qui comprend 13 mesures principales, vise à renforcer le cadre législatif et réglementaire en matière de prévention des flux financiers illicites. Cette réunion avait pour objectif d’« améliorer la qualité de la coordination et de garantir le respect du plan d’action national afin de réaliser les objectifs escomptés ».
Deux exposés ont été présentés. Le premier concernait « l’évaluation de l’état d’avancement des travaux en cours au sein de la Commission nationale de coordination, chargée du suivi de la mise en œuvre des recommandations visant à adapter le système national de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme aux récentes normes internationales en vigueur ». Le second portait sur « le suivi de la mise en œuvre des feuilles de route sectorielles intégrées dans le plan d’action convenu avec le GAFI, ainsi que la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ».
Une stratégie nationale pour garantir la conformité aux exigences internationales
La réunion a été « l’occasion d’échanger les vues sur les voies de renforcer l’efficacité du travail du Comité à travers l’adoption de mécanismes plus performants, contribuant ainsi à accélérer la cadence des travaux, à réduire les délais et à renforcer la synergie entre les secteurs, en vue d’améliorer la performance du système national de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et de garantir les plus hauts niveaux de conformité aux normes internationales ».
Le Groupe d’action financière (GAFI), qui surveille le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a inscrit l’Algérie sur sa liste grise des juridictions sous surveillance renforcée. Cette liste regroupe les pays travaillant activement avec le GAFI pour combler les lacunes identifiées dans leur dispositif de lutte contre ces crimes financiers.
Depuis l’adoption de son Rapport d’évaluation mutuelle (REM) en mai 2023, l’Algérie a réalisé des progrès notables. Le nombre de recommandations à mettre en œuvre a été réduit de 74 à 13, illustrant la volonté du pays d’aligner son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sur les standards internationaux.
En plus de son plan d’action, l’Algérie applique une stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme pour la période 2024-2026. L’objectif principal est de renforcer la coopération interinstitutionnelle et d’améliorer les mécanismes de surveillance pour garantir une conformité totale aux exigences du GAFI.
Grâce à ces efforts, l’Algérie espère être retirée de la liste grise et renforcer sa position sur la scène financière internationale. Une sortie de cette liste permettrait au pays d’améliorer son image auprès des investisseurs et de faciliter ses transactions avec les institutions bancaires étrangères.








