Depuis l’instauration d’une allocation annuelle de devises par les autorités algériennes, le taux de change de l’euro continue de se maintenir à des niveaux élevés sur le marché noir, malgré la fin de la période estivale.
Cette mesure, entrée en vigueur le 20 juillet 2025, attribue 750 euros par an aux adultes et 300 euros aux enfants. Toutefois, son impact sur l’évolution des taux de change dans les circuits informels semble limité.
Sur le marché noir, l’euro se négocie ce lundi 1ᵉʳ septembre entre 261 et 263 dinars à la vente et entre 259 et 261 dinars à l’achat. Ces valeurs se sont relativement stabilisées depuis plusieurs semaines, sans baisse notable, mais avec une hausse relative aujourd’hui. Selon les cambistes, cette stabilité est en grande partie due à la gestion de l’offre, ajustée par les opérateurs pour éviter toute variation importante des prix.
Le dollar américain et la livre sterling suivent également une tendance similaire de la légère hausse. Le dollar se situe actuellement à 224 dinars, tandis que la livre sterling atteint 298 dinars. Ces valeurs témoignent de la constance des principales devises étrangères sur ce marché informel.
Facteurs influençant les taux de change
L’approche de la rentrée universitaire a entraîné une augmentation de la demande en devises, particulièrement en euro. Les étudiants algériens poursuivant leurs études à l’étranger représentent une part importante de cette demande, leur nécessité de financer leurs frais étant un facteur majeur. Cette demande accrue contribue à limiter la disponibilité des devises, maintenant ainsi les prix à des niveaux élevés.
Les cambistes soulignent que l’offre reste limitée, en partie en raison des saisies opérées par les services de sécurité, ce qui renforce la rareté des devises et accentue les tensions sur le marché parallèle. De plus, les récentes annonces d’importations dans des secteurs tels que le transport et les pièces détachées (notamment les pneus) ajoutent une pression supplémentaire sur la demande de devises étrangères.
Des intervenants sur le marché parallèle affirment que ces facteurs combinés rendent improbable toute détente des taux de change dans un avenir proche. Ils estiment que seule une augmentation substantielle de l’offre pourrait inverser cette tendance, sans quoi les niveaux actuels risquent de persister.
Le taux officiel face à l’écart avec le marché parallèle
Actuellement, la Banque d’Algérie fixe le taux de change officiel de l’euro à 151,79 dinars à l’achat et 151,82 dinars à la vente. L’écart avec les taux du marché parallèle dépasse les 100 dinars, illustrant ainsi une différence significative entre les deux circuits de change. Ce différentiel incite de nombreux particuliers et opérateurs économiques à se tourner vers le marché parallèle pour accéder aux devises nécessaires à leurs transactions.
Ce décalage entre le taux officiel et celui du marché parallèle met en lumière les difficultés des mécanismes officiels pour réguler efficacement la circulation des devises étrangères. Les opérateurs économiques, notamment ceux qui dépendent des importations, alimentent cette demande continue sur le marché informel, où l’accès aux devises reste moins contraignant.
La situation actuelle du marché parallèle des devises en Algérie reflète la persistance d’une forte demande, alimentée par des besoins en devises pour les études à l’étranger, les importations et les voyages. Les cambistes estiment qu’une flambée supplémentaire des devises reste probable, à moins de voir l’instauration de nouveaux mécanismes officiels qui offriraient un accès plus fluide aux devises pour limiter la pression sur le marché parallèle.









