Après une période de tensions et de blocages commerciaux, l’Espagne fait son retour dans l’économie algérienne, amorcé par la normalisation des relations diplomatiques à l’automne 2024. Ce redémarrage des échanges bilatéraux s’est manifesté par une hausse impressionnante de 162 % des exportations espagnoles vers l’Algérie durant le premier semestre 2025.
Les chiffres montrent une reprise rapide des relations commerciales entre les deux pays, retrouvant un niveau proche de celui d’avant la crise de 2022. Cependant, malgré cette reprise marquante, l’Espagne peine encore à combler l’écart avec l’Italie, qui reste l’un des acteurs économiques majeurs en Algérie.
Les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint près de 900 millions d’euros de janvier à mai 2025, un bond spectaculaire par rapport aux 332 millions de 2023, année marquée par un blocage commercial en raison de la position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental.
Parmi les secteurs qui ont profité de cette reprise, celui de la céramique espagnole est particulièrement illustratif, avec des exportations en forte croissance. Entre janvier et février 2025, le secteur a généré près de 17,8 millions d’euros d’exportation, un résultat proche de celui de l’Italie. D’autres secteurs, tels que l’automobile, l’agrochimie, ou encore les cosmétiques, ont également montré des signes positifs.
L’Italie, un concurrent redoutable de l’Espagne
La proximité géographique de l’Espagne, à seulement 8 heures de navigation de l’Algérie, et la complémentarité de leurs industries favorisent cette dynamique de rapprochement. Cela est d’autant plus évident dans le secteur de l’énergie, où des projets comme l’accord de Cepsa avec Sonatrach pour l’hydrogène vert renforcent la présence espagnole. De plus, Naturgy, acteur majeur dans le domaine du gaz, maintient sa position solide avec une participation dans le gazoduc Medgaz, assurant l’approvisionnement en gaz naturel de l’Espagne.
L’Italie, en revanche, reste un concurrent redoutable avec des exportations en 2024 qui ont atteint près de 2,9 milliards d’euros, soit trois fois plus que l’Espagne. Cette domination italienne s’explique par une présence bien ancrée dans des secteurs clés comme le raffinage du pétrole, la pétrochimie et les machines spécialisées.
L’Italie a su profiter des tensions entre l’Algérie et l’Espagne pour renforcer sa position en Algérie, consolidant ainsi son rôle de partenaire stratégique. La France, autre acteur majeur, a perdu du terrain, notamment face à l’Espagne qui a su saisir les opportunités laissées par le gel des relations commerciales entre Alger et Paris.
En dépit de cette compétition accrue, l’Espagne a fait un retour remarqué, mais devra continuer à investir et à renforcer sa présence industrielle pour combler le retard face à l’Italie. La normalisation des relations avec l’Algérie constitue un point de départ important, mais il reste encore du chemin à parcourir pour redevenir un acteur économique de premier plan sur le long terme.








