Huit pays membres de l’OPEP+, dont l’Algérie, ont annoncé une augmentation progressive de leur production de pétrole à partir du 1ᵉʳ avril 2025. Cette décision, prise lors d’une réunion ministérielle en visioconférence, vise à ajuster l’offre en fonction des conditions du marché.
Selon le communiqué de l’OPEP, « cette augmentation progressive peut être suspendue ou inversée en fonction des conditions du marché. Cette flexibilité permettra au groupe de continuer à soutenir la stabilité du marché pétrolier ». L’accord prévoit un retour progressif des ajustements volontaires de 2,2 millions de barils par jour, tout en assurant une adaptation aux évolutions économiques.
Le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a affirmé que cette décision « reflète l’engagement des huit pays de l’OPEP+ à adopter une approche responsable afin d’assurer la stabilité du marché pétrolier international ». Il a également rappelé que l’objectif principal reste de maintenir un équilibre durable entre l’offre et la demande du pétrole, tout en garantissant des prix stables. L’Algérie, qui avait réduit sa production dans le cadre des précédents accords, prévoit ainsi d’augmenter son extraction à 911 000 barils par jour en avril 2025, avec une hausse progressive jusqu’à 1,007 million de barils par jour d’ici fin 2026.
Une réaction immédiate des marchés du pétrole
L’annonce de cette hausse de la production a eu un impact immédiat sur les marchés. Les cours du pétrole ont en effet reculé ce mercredi 5 mars. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a lâché 0,81 % à 70,49 dollars après être passé brièvement sous les 70 dollars, à 69,75 dollars, son plus bas depuis septembre dernier. De son côté, le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, a reculé pour s’établir à 67,39 dollars.
L’OPEP+ justifie sa décision par des « perspectives positives du marché » et rappelle que la production sera ajustée progressivement pour éviter un excès d’offre. Cependant, certains analystes estiment que cette augmentation marque un changement dans la stratégie de l’organisation. Jusqu’à présent, l’OPEP+ avait repoussé plusieurs fois la réintroduction de volumes supplémentaires dès que les prix chutaient sous la barre des 75 dollars.
Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, note que cette décision n’est pas seulement liée à la pression exercée par les États-Unis, mais aussi aux intérêts de certains membres de l’OPEP+ qui souhaitent accroître leur production. « Des pays comme le Kazakhstan et l’Irak ont régulièrement produit plus que leurs quotas ces derniers mois », explique-t-il. Cette nouvelle approche pourrait conduire à une offre excédentaire et faire chuter davantage les prix si la demande mondiale ne suit pas l’augmentation de l’offre.








