Les prix du pétrole ont perdu de la vitesse, notamment après les dernières annonces sur les droits de douane et les préoccupations croissantes concernant la confiance des consommateurs américains dans l’économie.
Le pétrole brut de la mer du Nord, le Brent, pour livraison en avril, a chuté de 0,65 % à 72,83 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), a perdu 0,42 % à 69,36 dollars. Selon Bart Melek de TD Securities, « le marché répond au report de l’imposition de droits de douane par les États-Unis au Canada et au Mexique ».
La situation a pris une tournure importante mercredi 26 février, lorsque le secrétaire au Commerce américain, Howard Lutnick, a annoncé que les surtaxes, qui étaient initialement suspendues jusqu’au 4 mars, seraient finalement appliquées à partir du 2 avril. Cette annonce fait suite aux déclarations du président Donald Trump qui, malgré les engagements pris par le Canada et le Mexique, a réaffirmé la volonté des États-Unis de relever ces droits de douane « à la date prévue », soit début mars.
La confiance des consommateurs est en déclin, ce qui fait monter les prix du pétrole
L’importance de ces pays dans les importations de pétrole américain est considérable. Le pétrole canadien représente près de 60 % des importations de brut des États-Unis, soit environ quatre millions de barils quotidiens, tandis que le Mexique en fournit plus de 400 000 barils par jour.
Cependant, la situation économique actuelle est aussi marquée par une inquiétude croissante parmi les consommateurs américains. « La politique de Donald Trump rend les perspectives économiques et pétrolières de plus en plus incertaines », a expliqué John Evans, analyste chez PVM. La confiance des consommateurs américains a fortement chuté ce mois-ci. L’indice de confiance du Conference Board a connu une baisse importante en février, et une étude de l’Université du Michigan a également révélé une inquiétude accrue parmi les consommateurs.
Selon Bjarne Schieldrop de SEB, « les effets probables seront une réduction des dépenses des ménages américains et une diminution des dépenses d’investissement par les entreprises ». Ce climat d’incertitude génère des conséquences directes sur la consommation de pétrole. Comme l’a souligné M. Melek, « la confiance des consommateurs américains étant plutôt modérée et la Chine ne se portant pas vraiment bien, il y a très peu de chances, à ce stade, que nous assistions à une forte augmentation de la demande ».
Les États-Unis étant le plus grand consommateur mondial de pétrole, cette dynamique pèse lourdement sur les prix du baril. La combinaison des tensions commerciales et de la faible confiance des consommateurs semble donc être un frein majeur pour les prix du pétrole à court terme.








