Mardi 4 novembre, le supermarché Aldi d’Argenteuil (Val-d’Oise) a fait l’objet d’une inspection inopinée menée par les services municipaux, la police et la préfecture, rapporte Le Parisien. À l’issue de l’opération, plus de 800 kilos de denrées alimentaires impropres à la consommation ont été retirés des rayons, révélant de graves manquements aux règles d’hygiène.
Le contrôle, organisé conjointement par la police municipale, le service communal d’hygiène et de santé, la direction du commerce et de l’artisanat, ainsi que la brigade de l’environnement, visait à vérifier les conditions de conservation des produits. Les agents ont rapidement constaté de nombreuses infractions : aliments périmés, ruptures de la chaîne du froid et stockage non conforme.
Certaines denrées, notamment des yaourts, produits surgelés et articles secs, présentaient des dates de péremption largement dépassées, tandis que des poubelles ont été découvertes dans la zone de stockage. Autant de négligences susceptibles de compromettre la sécurité alimentaire des clients.
Au total, environ 800 kilos de produits ont été saisis puis détruits. Face à ces constats, la mairie d’Argenteuil a pris un arrêté municipal de fermeture partielle visant les rayons de congélation, surgelés et boulangerie. Si la direction du magasin a reconnu la mesure, plusieurs témoins affirment que certains rayons restaient accessibles le lendemain, obligeant la police municipale à intervenir pour faire appliquer la décision.
Aldi reconnaît un « dysfonctionnement manifeste »
L’affaire a suscité de vives réactions parmi les habitants. Plusieurs clients, venus faire leurs courses après le contrôle, affirment n’avoir vu aucune information affichée dans le magasin. Une situation jugée « inacceptable » par le maire d’Argenteuil, Georges Mothron, qui demande des sanctions exemplaires.
Le groupe Aldi, de son côté, dit avoir immédiatement lancé une enquête interne. « L’hygiène alimentaire et la sécurité de nos clients constituent nos priorités absolues », a indiqué l’enseigne dans un communiqué adressé au Parisien. Le groupe promet que « les responsabilités seront établies et, le cas échéant, des sanctions seront prises à l’encontre des responsables ».
Il faut dire que cette affaire est loin de constituer un cas isolé. Ces dernières semaines, d’autres établissements Aldi ont été épinglés pour des manquements similaires. Fin septembre, un supermarché de Clermont-Ferrand a été fermé pour raisons d’hygiène, tandis qu’en février, un entrepôt de Beaune avait été mis en demeure après la découverte d’une invasion de rongeurs.
Vers un renforcement des contrôles
Face à ces incidents répétés, la mairie d’Argenteuil assure vouloir intensifier les inspections. Plus de 200 contrôles ont déjà été menés cette année dans les commerces de la ville, contre une soixantaine les années précédentes.
Le rapport définitif du contrôle d’Aldi devrait être rendu dans les prochaines semaines. Les sanctions dépendront du degré de responsabilité retenu : une simple négligence peut entraîner une amende de 1 500 euros, tandis qu’une tromperie délibérée sur la qualité des produits peut valoir jusqu’à 7 ans de prison et 750 000 euros d’amende, voire davantage si le chiffre d’affaires est pris en compte.
En attendant les conclusions, l’affaire fait tache pour l’enseigne allemande, déjà fragilisée par des scandales d’hygiène à répétition. À Argenteuil, les consommateurs, eux, espèrent surtout ne plus jamais retrouver de produits périmés dans leurs chariots.








