Airbags Takata : ouverture d’une information judiciaire et incertitudes pour les conducteurs

Les airbags Takata continuent de faire couler beaucoup d’encre. Une information judiciaire est ouverte contre le fabricant japonais de ces airbags.

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Airbags Takata
Airbags Takata : la pression s'accentue sur Stellantis, la CLCV lance une action de groupe. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le scandale des airbags Takata continue de susciter une vive inquiétude en France. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture, depuis le 16 avril 2025, d’une information judiciaire visant le fabricant japonais pour tromperie aggravée, pratiques commerciales trompeuses, non-information des acquéreurs et mise en danger de la vie d’autrui.

À l’origine de ce déclenchement judiciaire, plusieurs accidents mortels, dont celui survenu le 11 juin à Reims, où une conductrice a perdu la vie à bord d’une Citroën C3 équipée des airbags Takata défectueux. Sa fille, passagère du véhicule, a également été blessée. Le ministère des Transports recense à ce jour 18 décès et 25 blessés en lien avec ces dispositifs, principalement dans les départements d’Outre-mer.

Les airbags en cause sont connus pour exploser brutalement en raison d’un défaut de fabrication, projetant des fragments métalliques dans l’habitacle. Depuis le début du scandale en 2014, plusieurs constructeurs sont concernés par les rappels, notamment les modèles Citroën C3 et DS3. À la suite des derniers événements, Citroën a demandé l’immobilisation immédiate de tous les véhicules encore équipés de ces airbags. L’usage de ces voitures n’est désormais autorisé que pour rejoindre un garage en vue de procéder au remplacement.

Assurance et usage des véhicules avec des airbags Takata rappelés : une situation floue

Face à cette injonction, de nombreux propriétaires s’interrogent sur leur couverture d’assurance et leur droit à utiliser leur véhicule. Un grand groupe d’assurance, interrogé par la presse, confirme que les contrats restent valides. Toutefois, le flou demeure sur la prise en charge effective en cas de sinistre.

L’avocat Thomas Certin, spécialiste en droit des assurances, précise que tout dépendra des circonstances. Si l’accident survient lors d’un trajet vers le garage pour effectuer la réparation, la couverture ne devrait pas être remise en cause. En revanche, si le conducteur a délibérément ignoré les campagnes de rappel et continue à utiliser son véhicule dans des conditions normales, l’assureur pourrait invoquer une clause relative au défaut d’entretien.

Il rappelle également qu’en l’absence d’un arrêté ministériel ou d’une interdiction légale formelle, le fait de rouler avec ces véhicules ne constitue pas une infraction, mais engage la responsabilité du conducteur. En cas de litige, c’est le contrat qui fera foi. Ainsi, toute clause précisant les obligations d’entretien du véhicule pourra être utilisée par l’assureur pour refuser d’indemniser certains dommages. Dans ce contexte, la vigilance s’impose pour les conducteurs concernés, invités à vérifier attentivement les termes de leur contrat d’assurance et à faire remplacer les airbags Takata dès que possible.

 

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