Aide aux personnes en situation de handicap supprimée en catimini : Valérie Pécresse face à la colère des élus

Valérie Pécresse et sa majorité sont accusés d’avoir supprimé en catimini des aides destinées aux maisons départementales des personnes handicapées.

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Aide aux personnes en situation de handicap supprimée en catimini : Valérie Pécresse face à la colère des élus. Crédit : Le Parisien | Econostrum.info

Huit Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) d’Île-de-France ne recevront plus d’aides régionales dont elles bénéficiaient jusqu’à présent. Cette décision, attribuée à la majorité conduite par Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Île-de-France, a été signalée par le groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne le vendredi 19 septembre 2025.

Le dispositif de subvention était en place depuis plus de dix ans. Il permettait d’alimenter les fonds de compensation des MDPH, structures qui accompagnent les personnes en situation de handicap dans leurs démarches administratives et leur accès aux aides techniques et humaines. Selon Stéphane Blanchet, vice-président en charge de l’autonomie au Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, environ 2 000 personnes en bénéficiaient chaque année. Il précise que l’aide régionale réduisait le reste à charge à 6 euros pour les familles concernées.

La suppression du financement n’a pas été précédée d’une annonce officielle de la Région. Le groupe de gauche affirme que les MDPH n’ont perçu aucun versement en 2025, et qu’aucune reconduction n’est prévue pour l’année 2026. Les élus de plusieurs départements — dont la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, l’Essonne, le Val-de-Marne et Paris — ont confirmé la disparition des subventions dans leur budget.

Réactions des élus départementaux face à la suppression de l’aide 

Plusieurs représentants de l’opposition régionale se sont exprimés sur cette décision. Céline Malaisé, présidente du groupe Front de gauche à la région Île-de-France, déclare : « Le dispositif n’a jamais été discuté ni remis en cause depuis ». Elle considère la méthode comme non concertée et exprime son désaccord sur la base juridique avancée.

Selon Céline Malaisé, la majorité régionale justifie la fin de ces subventions par un rapport de la Chambre régionale des comptes, qui qualifierait ce financement de non obligatoire. Elle estime pour sa part que le Code de l’action sociale autorise ce type de soutien, et que rien n’empêchait la Région de poursuivre son engagement financier. L’élue rappelle que le budget régional s’élève à 5 milliards d’euros, tandis que l’aide supprimée représentait environ 2 millions d’euros, soit une part minime selon elle.

De son côté, Stéphane Blanchet indique que l’arrêt de ce financement public va transférer une charge supplémentaire vers les familles. Il déclare : « En baissant ces subventions, on augmente les coûts pour les familles de personnes en situation de handicap, on augmente leur pouvoir d’achat et parfois leur précarisation. Il n’y a rien de plus pénalisant ».

Conséquences attendues et perspectives à court terme

Selon les déclarations des élus concernés, cette décision pourrait avoir un effet direct sur les conditions d’accès aux aides pour les personnes handicapées vivant en Île-de-France. La suppression des subventions régionales implique une réduction du montant disponible dans les fonds de compensation des MDPH, ce qui pourrait allonger les délais ou limiter le volume des aides octroyées.

Une commission permanente du Conseil régional est programmée pour le jeudi 25 septembre. Les élus du groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne annoncent leur intention d’y soulever publiquement le sujet. Céline Malaisé affirme que cette coupe budgétaire contraste avec des annonces passées concernant l’accessibilité des transports, notamment durant les Jeux paralympiques. Elle souligne l’absence d’inscription concrète de certains engagements dans le plan de mobilité régional en cours de discussion.

Les services de la présidence du Conseil régional n’ont pas, à ce jour, publié de déclaration officielle sur cette évolution budgétaire. Aucun communiqué de la majorité n’a été retrouvé dans les documents publics consultés à la date du 23 septembre.

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