Un phénomène météorologique inhabituel pourrait se produire au-dessus de l’Arctique dans les prochains jours. Les modèles prévoient une perturbation précoce du vortex polaire. Un phénomène qui peut parfois favoriser des descentes d’air froid vers l’Europe. La France risque-t-elle de connaître une vague de froid dès le début du mois de novembre ?
Le phénomène est suivi de près par les météorologues. Selon les dernières simulations, le vortex pourrait commencer à s’affaiblir dès le samedi 31 octobre, avant une perturbation plus marquée autour du 5 et du 6 novembre. Cette évolution reste à confirmer, mais sa précocité attire déjà l’attention.
En quoi consiste ce phénomène météorologique ?
Le vortex polaire correspond à une vaste circulation de vents qui se forme en altitude autour des pôles pendant l’hiver. Dans la stratosphère, à près de 30 kilomètres au-dessus de nos têtes, il contribue à maintenir l’air le plus froid dans les régions arctiques. Météo France distingue ce vortex stratosphérique de celui qui évolue plus bas, dans la troposphère.
Lorsque la circulation stratosphérique est perturbée par de puissantes ondes atmosphériques, les vents qui entourent le vortex peuvent ralentir, voire s’inverser. Ce phénomène porte le nom de réchauffement stratosphérique soudain. Il peut déformer le vortex ou le déplacer vers des latitudes plus basses. Le courant-jet, qui sépare les masses d’air chaud et froid, peut alors devenir plus ondulant et faciliter certaines descentes d’air polaire vers l’Europe.
Les analyses de Severe Weather Europe, relayées par Futura, envisagent un affaissement progressif à partir du 31 octobre, puis une déformation plus nette autour du 5 novembre. La Chaîne Météo surveille également un possible réchauffement stratosphérique majeur vers le 6 novembre.
La précocité de cet événement serait particulièrement remarquable. Selon La Chaîne Météo, si le scénario se confirme, il pourrait dépasser de plus de trois semaines le précédent record, établi le 28 novembre 1968 et égalé en 2025. Les réchauffements stratosphériques majeurs se produisent, en effet, le plus souvent en janvier et février, lorsque le vortex est déjà bien installé.
La France va-t-elle connaître une vague de froid début novembre ?
Pas dans l’immédiat, selon les prévisions disponibles. À cette période de l’année, la quantité d’air froid présente dans l’atmosphère reste encore limitée. L’on prévoit plutôt un rafraîchissement, avec des températures proches des normales dans le Sud et légèrement inférieures dans une partie du Nord. Aucune arrivée massive d’air glacial n’est annoncée pour les premiers jours de novembre.
Météo France prévoit également un temps globalement sec et un peu plus frais que les normales pour la semaine du 2 au 8 novembre. Par conséquent, les températures pourraient baisser après la douceur observée en fin octobre, sans pour autant annoncer un épisode hivernal généralisé.
La tendance à plus long terme reste d’ailleurs orientée vers la douceur. Dans son bulletin publié le 29 octobre pour novembre, décembre 2026 et janvier 2027, Météo France estime à 70 % la probabilité d’un trimestre plus chaud que la normale en France métropolitaine et en Corse. L’institut prévoit aussi un temps potentiellement plus humide que la normale sur la moitié nord du pays.
Cela n’exclut pas des épisodes froids ponctuels. Si la perturbation du vortex se confirme, le risque de descentes d’air froid va augmenter à partir de la seconde moitié de novembre et en décembre. La Chaîne Météo souligne néanmoins que leur intensité, leur durée et les régions concernées restent difficiles à prévoir.








