Lors de son meeting à Orléans, dimanche 25 octobre, Marine Le Pen a promis d’abroger la loi Hulot de 2017, qui organise la fin progressive de l’exploitation du pétrole et du gaz sur le territoire.
« Nous abolirons, par exemple, la stupide loi Hulot qui interdit la recherche d’hydrocarbures sur le sol français », a déclaré Marine Le Pen devant ses partisans à Orléans. Cette annonce s’inscrit dans sa volonté de renforcer la production nationale et de valoriser les ressources du pays. La candidate entend également rompre avec « la logique de décroissance », qu’elle juge responsable du recul industriel et énergétique de la France.
Adoptée le 30 décembre 2017, la loi Hulot encadre la sortie progressive des hydrocarbures. Elle interdit la délivrance de nouveaux permis de recherche, de même que la prolongation de certaines concessions existantes. Le texte prévoit que les concessions d’exploitation prennent fin au plus tard le 1er janvier 2040, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
Ainsi, une abrogation ouvrirait la voie à de nouveaux projets de prospection, mais cela ne signifie pas que les entreprises pourraient commencer à forer immédiatement partout en France. Les projets resteraient soumis aux règles applicables, aux autorisations nécessaires ainsi qu’aux contraintes techniques et économiques. Il faudrait aussi identifier des réserves suffisamment importantes et rentables pour justifier leur exploitation.
La France produit déjà du pétrole, mais en très petites quantités
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’extraction d’hydrocarbures n’a pas totalement disparu du territoire français. Selon le Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, 64 gisements pétroliers et gaziers étaient encore en exploitation en 2024. Ils se situent principalement dans le bassin parisien et le bassin aquitain, mais aussi dans certains territoires ultramarins.
La production nationale reste cependant modeste. Elle représentait environ 1 % de la consommation française de pétrole. En 2022, les gisements en activité avaient produit 626 000 tonnes de matières énergétiques liquides et gazeuses, selon les données du ministère. Ces chiffres montrent que même une reprise de la prospection ne garantirait pas une baisse rapide de la dépendance française aux importations.

La question des forages se pose aussi en outre-mer, notamment au large de la Guyane. Notons qu’en janvier dernier, le Sénat avait adopté une proposition de loi visant à lever l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures dans certains territoires ultramarins. Un texte rejeté par la suite par l’Assemblée nationale, le 11 juin dernier.








