L’idée d’un plafond global de 1 500 euros par mois pour les aides sociales recueille le soutien d’une majorité de Français, selon un sondage Odoxa commandé par la Fondation iFRAP. Agnès Verdier-Molinié, directrice de ce think-tank libéral, estime qu’une telle mesure permettrait d’économiser « une dizaine de milliards d’euros » par an.
Publié en septembre 2025, le sondage Odoxa pour la Fondation iFRAP, rapporté par Sud-Ouest, révèle que 77 % des personnes interrogées sont favorables à un plafonnement de l’ensemble des aides sociales. Parmi eux, 72 % des personnes favorables souhaitent fixer le montant maximal à 1 500 euros par mois ou moins. Rapporté à l’ensemble de la population interrogée, ce résultat représente 55 % des Français.
Les réponses montrent, par ailleurs, que les personnes favorables à un plafond ne retiennent pas toutes le même montant. Dans le détail, 29 % souhaitent limiter les aides à moins de 1 000 euros par mois et par foyer, tandis que 24 % choisissent un plafond de 1 000 euros. Un montant de 1 500 euros recueille 19 % des réponses, contre 11 % pour 2 000 euros, 4 % pour 2 500 euros et 3 % pour 3 000 euros. Enfin, 10 % des personnes interrogées estiment que les aides sociales ne doivent pas être plafonnées.
Cette idée, défendue par Agnès Verdier-Molinié, vise à encadrer le cumul de prestations soumises à des conditions de ressources. Le revenu de solidarité active (RSA), les aides au logement ou encore certaines aides liées à la rentrée scolaire font partie des exemples évoqués par l’iFRAP. Le but est de mieux contrôler les sommes versées à un même foyer et de renforcer l’écart entre les revenus issus du travail et les prestations sociales. La directrice de l’iFRAP avance une économie potentielle d’« une dizaine de milliards d’euros » par an.
Une réforme qui reste à préciser
Il faut dire que le plafonnement global des aides sociales fait déjà l’objet de propositions politiques depuis plusieurs années. En novembre 2025, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait relancé le projet d’une allocation sociale unique, avec l’idée de rapprocher notamment le RSA, la prime d’activité et certaines aides au logement, afin de simplifier leur versement. A noter, cependant, que cette réforme ne se confond pas automatiquement avec un plafond uniforme de 1 500 euros.
Les modalités resteront déterminantes pour les bénéficiaires. Un plafond appliqué à l’ensemble des prestations d’un foyer ne produirait pas les mêmes effets selon sa composition, le nombre d’enfants à charge, le coût du logement ou la situation de handicap d’un membre de la famille. Les exclusions éventuelles et les règles de calcul devraient être définies avant de pouvoir mesurer précisément les conséquences d’une telle réforme.








