En France, environ 4,5 millions de personnes perçoivent la prime d’activité. En 2027, une partie de ces bénéficiaires pourraient voir son montant baisser à cause de mesures prévues dans le projet de budget.
Versée par la Caf ou la MSA sous conditions de ressources, la prime d’activité a pour but de compléter les revenus des salariés, fonctionnaires, travailleurs indépendants et agriculteurs. Pour le calcul de cette aide, les ressources de l’ensemble du foyer sont examinées tous les trois mois. Une première réforme est déjà entrée en vigueur le 1er avril 2026, avec des effets progressifs sur les versements intervenus à partir de juillet. Avec le projet de loi de finances pour 2027, une nouvelle évolution est possible.
La part patronale de la mutuelle risque d’évoluer
En 2027, le gouvernement prévoit d’abord un gel de la prime d’activité. Pour faire des économies, l’exécutif veut donc limiter les dépenses liées à ce dispositif. Concrètement, cette seule décision doit générer environ 332 millions d’euros d’économies. L’autre changement concerne quant à lui le montant net social (MNS), cet indicateur figure sur les fiches de paie et sert notamment de base pour calculer les droits à plusieurs prestations sociales.
Le projet prévoit d’intégrer au MNS la part des cotisations prise en charge par l'employeur pour certaines garanties collectives, les contrats de complémentaire santé, de prévoyance et de retraite supplémentaire sont notamment concernés. Jusqu’à présent, ces sommes n’étaient pas intégrées de la même façon dans le calcul retenu pour la prime d’activité. Avec leur prise en compte, le montant de ressources retenu par la Caf ou la MSA pourrait donc augmenter.
Pour le gouvernement, cette évolution permettrait une meilleure équité. Le texte précise que la réforme doit « rétablir l’équité entre les allocataires bénéficiant d’un financement employeur pour ces garanties et ceux n’en bénéficiant pas ». Concrètement, un salarié dont l’entreprise finance une partie de la mutuelle pourrait donc voir ses ressources prises en compte différemment. Le montant de la prime pourrait alors diminuer, sans que son salaire brut ait changé.
Certains bénéficiaires de la prime d’activité pourraient toucher moins
Point important, le gouvernement ne prévoit pas du supprimer la prime d’activité pour les millions de bénéficiaires. En effet, le ministère du Travail évoque plutôt une « légère baisse » pour certains travailleurs. Il affirme qu’« il ne devrait pas y avoir de sorties de bénéficiaires » ni d’« entrées nouvelles » liées à cette modification. Avec la réforme, c’est donc le montant de l’aide qui devrait évoluer pour certains bénéficiaires, et non l’accès complet au dispositif.
Pour le montent, aucun montant forfaitaire de baisse n’a été évoqué. En effet, l’effet réel dépendra notamment des revenus du foyer et du niveau des cotisations prises en charge par l'employeur. Par conséquent, deux salariés touchant le même revenu pourrait être impactés différemment. Pour rappel, le montant moyen de la prime d’activité atteignait 190 euros par mois en 2024. Pour 2027, le gouvernement prévoit une dépense totale de 10,7 milliards d’euros.
Avec le gel de la prime d’activité, l’évolution du dispositif ne dépendrait pas de l’inflation, comme c’est le cas habituellement. Certains ménages pourraient donc subir à la fois l’absence de revalorisation et une éventuelle baisse liée au nouveau calcul. Il est important de préciser que le projet de loi de finances doit encore être examiné par le Parlement, les mesures touchant la prime d’activité ne sont donc pas encore actées.







