SNCF et RATP : jusqu’à combien les contrôleurs peuvent-ils toucher grâce aux amendes infligées aux voyageurs ?

Des contrôleurs SNCF et RATP touchent des primes liées aux amendes. Un système qui soulève des questions sur les pratiques de verbalisation.

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SNCF et RATP
SNCF et RATP : jusqu’à combien les contrôleurs peuvent-ils toucher grâce aux amendes infligées aux voyageurs ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Lorsqu’ils verbalisent les voyageurs, les contrôleurs de la SNCF et de la RATP peuvent toucher des primes. Le dispositif, ancien à la SNCF et différent à la RATP, suscite de nombreuses interrogations chez les usagers.

Le sujet a été remis en lumière par un reportage de TF1 Info, publié les 1er et 2 octobre 2026. Plusieurs voyageurs y racontent des verbalisations qu’ils considèrent comme excessives. Une femme dit notamment avoir reçu une amende de 150 euros pour avoir pris le métro avec une plante jugée trop volumineuse. « J’ai payé une amende de 35 euros et je trouve ça injustifié parce que j’avais mon pass, mais c’est juste que c’était ma première fois sur Paris », témoigne un autre voyageur.

De nombreux usagers de la SNCF et de la RATP s’interrogent donc sur les réelles motivations des contrôleurs, beaucoup de voyageurs estiment que les primes poussent certains agents à multiplier les contraventions.

À la SNCF, jusqu’à 10 % d’une amende payée immédiatement

Chez la SNCF, les contrôleurs touchent une commission lorsqu’une amende est réglée directement auprès d’eux. Selon les situations, le montant encaissé par les agents varie entre 4 % et 10 % de la somme de l’amende. Par exemple, pour une amende de 70 euros, un contrôleur peut toucher jusqu’à 7 euros lorsque le paiement est effectué sur place. « Depuis le début, moi je suis chef de bord depuis 27 ans, et ça existait déjà à l’époque », explique Stéphane Vardon, chef de bord et responsable CGT.

Lorsque le voyageur ne règle pas immédiatement son procès-verbal, le mécanisme change. Dans ce cas, le contrôleur reçoit alors 96 centimes par procès-verbal, et ce, quel que soit le montant de l’amende. Les primes mensuelles varient donc fortement selon l’activité de chaque agent. Des contrôleurs interrogés anonymement par TF1 Info évoquent des montants compris entre 50 et 600 euros par mois.

Le phénomène n’est pas nouveau. En 2024, Capital rapportait déjà l’existence de cette commission, avec des exemples allant de 4 % à 10 %. Le média indiquait aussi que la fraude représentait alors environ 200 millions d’euros par an pour la SNCF. La FNAUT estime que ce système peut créer une incitation à verbaliser avec davantage de sévérité. « On peut imaginer que dans l’ensemble des contrôleurs, il y en a certains qui sont tentés de verbaliser de façon un peu trop stricte », estime Michel Babut, vice-président de l’association.

À la RATP, une prime annoncée à 150 euros

Le fonctionnement est différent à la RATP. La direction indique que les contrôleurs bénéficient d’une prime de 150 euros bruts par mois. Des agents interrogés par TF1 Info affirment pourtant avoir touché des montants bien supérieurs. L’un d’eux déclare : « J’ai déjà touché 1.000 euros en un mois ». « On a des collègues qui ont des crédits à payer, et qui font la course à cette prime », affirme un autre.

Il est nécessaire de préciser que malgré ces témoignages, cela ne veut absolument pas dire que les 1 000 euros correspondent à une prime exclusivement liée aux amendes. De son côté, la direction de la RATP présente de un dispositif très encadré. En effet, un cadre explique que lorsque certaines primes atteignent plusieurs centaines d’euros, le nombre de missions de contrôle confiées aux agents concernés peut baisser les mois suivants. De son côté, la RATP indique faire appel à de faux voyageurs chargés d’observer les pratiques des contrôleurs.

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