« Nous ne baisserons aucune retraite » : ce que prévoit le gouvernement pour réduire de moitié le déficit de la Sécu en 2027

Le gouvernement veut réduire de moitié le déficit de la Sécu, avec des mesures qui concernent directement les retraités.

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Retraite
« Nous ne baisserons aucune retraite » : voici ce que prévoit le gouvernement pour baisser de moitié le déficit de la Sécu en 2027 : Olivier Corsan / Le Parisien | Econostrum.info

Le gouvernement ambitionne réduire fortement le déficit de la Sécurité sociale en 2027. Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, annonce un objectif de 12 à 13 milliards d’euros, contre 22 milliards en 2026. Pour y parvenir, il compte essentiellement agir sur les dépenses de retraite, sans envisager de baisse.

Cette trajectoire doit encore être précisée dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Le texte doit être présenté au Conseil des ministres avant son examen par le Parlement. Les mesures annoncées restent, donc, susceptibles d’évoluer au cours des débats.

Jusqu’à 5,5 milliards d’euros d’économies sur les retraites

Les retraites constituent l’un des principaux leviers retenus par le gouvernement. Jean-Pierre Farandou estime que leur « progression mécanique » coûterait environ 13 milliards d’euros supplémentaires en 2027 si aucune mesure spécifique n’était prise.

« Sans mesure spécifique, le coût des retraites augmenterait d’environ 13 milliards d’euros l’année prochaine. La moitié de cette hausse tient à la démographie » et « l’autre moitié provient de l’indexation totale des pensions », a expliqué le ministre dans son entretien à Challenges.

L’exécutif veut ainsi réaliser 5,5 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de retraite. Une partie importante, soit 4,1 milliards d’euros, passerait par une moindre revalorisation de certaines pensions.

À ce stade, les pensions inférieures ou égales à 85 % du Smic, soit environ 1 260 euros par mois, conserveraient une revalorisation complète. Au-delà de ce seuil, le gouvernement souhaite appliquer une sous-indexation ou une désindexation, mais le taux exact n’a pas encore été arrêté. « Au-delà de ce seuil, la volonté du gouvernement est de réaliser 4,1 milliards d’économies », a précisé Jean-Pierre Farandou.

Cette distinction est importante pour les retraités. Le dispositif ne signifie pas que les pensions seraient directement diminuées en euros. En revanche, une revalorisation inférieure à l’inflation réduirait leur progression en termes de pouvoir d’achat. « Nous ne baisserons aucune retraite. La question est de savoir de combien nous les augmenterons », dit-il

Un déficit qui doit passer de 22 à 12 ou 13 milliards d’euros

Le gouvernement vise au total une réduction de près de moitié du déficit de la Sécurité sociale, qui serait ramené de 22 milliards d’euros en 2026 à 12 ou 13 milliards d’euros en 2027 selon le chiffrage avancé par Jean-Pierre Farandou.

Les retraites ne sont, cependant, pas le seul poste concerné par les économies recherchées. Le gouvernement travaille également sur les dépenses de santé et les arrêts de travail. Les précédentes pistes évoquées pour le budget 2027 prévoyaient notamment de limiter la progression des dépenses d’Assurance maladie à 2,1 % en 2027, contre une progression de 3,1 % programmée pour 2026.

Il faut dire que la Cour des comptes avait déjà alerté sur une trajectoire dégradée des comptes sociaux, avec un déficit qui devait atteindre 24,1 milliards d’euros en 2028 selon les prévisions examinées en 2025 en l’absence de redressement suffisant.

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