Le département de l’Essonne connaît une nouvelle alerte budgétaire. Face à des recettes moins importantes que prévu et à une facture du RSA qui augmente, la collectivité a décidé de suspendre temporairement certains paiements à la CAF.
La difficulté vient d’abord du décalage entre les prévisions et les dépenses réelles. Pour 2026, le département avait prévu 207,4 millions d’euros pour financer le RSA. Les dernières estimations portent désormais cette dépense à 228,5 millions d’euros, soit 21,1 millions d’euros de plus que prévu.
Dans le même temps, les recettes provenant des transactions immobilières, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), sont moins élevées qu’espéré. Le département tablait sur 240 millions d’euros de recettes liées à l’immobilier en 2026. Elles devraient finalement atteindre environ 207 millions d’euros, soit 33 millions d’euros de moins que la prévision retenue lors du vote du budget.
Cette baisse est particulièrement sensible pour un département comme l’Essonne, qui dépend en partie de ces recettes liées au marché immobilier. En avril, lors du vote du budget 2026, la collectivité avait déjà reconnu que la prévision de 240 millions d’euros était optimiste. Les trois premiers mois de l’année avaient notamment été jugés peu favorables.
La situation générale s’est encore tendue depuis le printemps. Selon Le Parisien, le département fait désormais face à un trou budgétaire de 74 millions d’euros. Cette situation ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’Essonne. Plusieurs départements franciliens alertent, eux aussi, sur la baisse de leurs recettes immobilières et la progression de leurs dépenses sociales.
Le budget départemental voté en avril s’élevait à environ 1,4 milliard d’euros. Plus de 820 millions d’euros étaient alors destinés aux politiques de solidarité et de santé, dont 215 millions d’euros pour le RSA, 226 millions pour l’enfance, 255 millions pour les personnes handicapées et 114 millions pour les personnes âgées.
Les allocataires vont-ils continuer à recevoir le RSA ?
La décision annoncée concerne le financement entre le département et la CAF, et non le droit des bénéficiaires au RSA. Le département est chargé du financement de l’allocation, tandis que la CAF assure son versement aux personnes concernées.
Nicolas Samsoen, vice-président de l’Essonne chargé des finances, assure que la suspension « n’a pas d’impact pour les allocataires ». Le département indique également être en discussion avec la CAF afin de trouver une solution à cette difficulté de financement.
Concrètement, les personnes qui perçoivent déjà le RSA en Essonne ne doivent pas s’attendre, à ce stade, à une interruption de leur allocation en raison de cette décision budgétaire. Il s’agit d’un problème de règlement entre la collectivité et la CAF.
Cette situation intervient alors que l’Essonne avait déjà adopté un budget sous tension. En 2025, le département avait réalisé 40 millions d’euros d’économies pour faire face à ses difficultés financières. Pour 2026, la collectivité prévoyait également une dette de 1,173 milliard d’euros, contre 1,080 milliard en 2025.








