Alors que le marché du diesel traverse actuellement une période de fortes tensions, les récentes déclarations de Donald Trump n’arrangent clairement pas les choses. En effet, le président américain a évoqué la possibilité de limiter les exportations américaines de carburant, une telle décisions ne serait évidemment pas sans conséquences sur l’Europe.
Pour cause, le vieux continent dépend aujourd’hui fortement des importations pour répondre à ses besoins. Selon les données de la Commission européenne pour le mois d’août 2026, les États-Unis représentaient environ 50 % des importations de diesel de l’Union européenne. Avec une baisse des volumes américains, l’Europe risquerait donc d’avoir un sérieux problème d’approvisionnement. Pour la France, les choses sont d’autant plus inquiétantes car son parc automobile est largement composé de véhicules diesel.
Pourquoi on dépend autant du diesel américain ?
Il faut dire, la dépendance européenne au diesel américaine n’a cessé d’augmenter au cours de ces dernières années. En effet, la baisse des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient a drastiquement réduit les sources disponibles pour les importateurs européens. Ce n’est pas tout, l’arrêt des importations de diesel russe depuis le début de la guerre en Ukraine vient également pénaliser un peu plus le marché des carburants en Europe.
En France, les raffineries produisent davantage d’essence que de diesel, alors que la demande nationale reste très orientée vers le gazole. Le pays doit donc importer une partie importante de sa consommation. Selon Jean-Pierre Favennec, consultant et enseignant à l’IFP School, cette situation résulte notamment de l’évolution du raffinage européen, rapporte 20 Minutes. Pendant plusieurs années, le secteur a connu des marges limitées, autour de 3 à 5 dollars par baril, ce qui a conduit à une réduction des capacités de raffinage.
Une baisse des exportations américaines pourrait donc toucher plusieurs secteurs, notamment les transporteurs routiers, le BTP, et les agriculteurs.
Une décision américaine qui est loin d’être définitive
L’hypothèse d’un arrêt des exportations américaines soulève plusieurs interrogations. Les raffineries américaines appartiennent principalement à des entreprises privées, ce qui rend une interdiction générale difficile à mettre en place. « Donald Trump a-t-il la capacité d’interdire à des sociétés américaines, qui sont privées, d’exporter ? », s’interroge Jean-Pierre Favennec. « Il y a beaucoup d’intérêts en jeu ».
Aux États-Unis, plusieurs acteurs du secteur énergétique demandent également le maintien des exportations. Plus de 30 organisations liées à l’industrie pétrolière, ainsi que des chambres de commerce, ont appelé l’administration américaine à éviter une restriction des ventes à l’étranger. Ces organisations estiment que les raffineries américaines jouent un rôle dans l’équilibre du marché mondial des carburants. Selon elles, réduire les exportations pourrait créer des tensions au-delà du territoire américain.
En France, Emmanuel Macron assure que le gouvernement travaille à éviter les ruptures d’approvisionnement. Le président de la République a indiqué que le pays disposait des volumes nécessaires en diesel, gaz et fioul pour les 90 prochains jours. La France prévoit également de s’appuyer sur ses stocks stratégiques si la situation se dégrade. Des discussions sont menées avec plusieurs pays producteurs, dont l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Irak, Oman, le Nigeria et l’Inde, afin de sécuriser les flux énergétiques.








