Seuil de pauvreté : combien faut-il gagner pour être considéré comme pauvre en France ?

En France, la pauvreté monétaire reste à un niveau record et touche des millions de personnes, malgré la progression générale des revenus.

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Pauvreté en France
Seuil de pauvreté : combien faut-il gagner pour être considéré comme pauvre en France ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

La pauvreté monétaire reste à un niveau inédit en France métropolitaine. Malgré la hausse du niveau de vie des ménages modestes, près d’une personne sur six vit encore sous le seuil retenu par l’Insee. Les chômeurs, les familles monoparentales et les enfants figurent parmi les populations les plus exposées.

En 2024, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en France métropolitaine, selon les données publiées par l’Insee. Ce nombre correspond à 15,4 % de la population vivant dans un logement ordinaire. Le taux reste identique à celui de 2023. Il se situe pourtant à son niveau le plus élevé depuis 1996, année marquant le début de la série statistique.

Une personne est considérée comme pauvre lorsque son niveau de vie se situe sous 60 % du niveau de vie médian. Pour une personne seule, le seuil était fixé à 1 337 euros par mois en 2024. Le niveau de vie ne correspond pas seulement au salaire. Il prend en compte l’ensemble des revenus du ménage après impôts directs, puis les rapporte au nombre de personnes qui le composent.

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Crédit : Insee

Quel plafond selon la composition du foyer ?

Pour un couple sans enfant, le seuil de pauvreté s’établit à environ 2 005 euros par mois. À ce montant s’ajoutent 401 euros pour chaque enfant de moins de 14 ans et 669 euros pour chaque personne âgée d’au moins 14 ans. Un couple avec deux enfants de moins de 14 ans se situe ainsi sous le seuil de pauvreté lorsque son niveau de vie mensuel reste inférieur à environ 2 807 euros.

Ces montants servent à comparer des foyers de tailles différentes. Les besoins d’une famille ne sont pas simplement multipliés par le nombre de ses membres, car certaines dépenses, comme le logement ou l’électricité, sont partagées.

La moitié des personnes pauvres vit avec moins de 1 074 euros

Le seuil de 1 337 euros ne décrit pas à lui seul la situation des ménages concernés. La moitié des personnes pauvres dispose d’un niveau de vie inférieur à 1 074 euros par mois. Cet écart correspond à une intensité de la pauvreté de 19,7 %. Cet indicateur compare le niveau de vie médian des personnes pauvres avec le seuil officiel.

Une intensité élevée traduit une pauvreté plus profonde. Les personnes concernées ne se trouvent pas seulement quelques euros sous le seuil : elles peuvent en être éloignées de plusieurs centaines d’euros chaque mois. Les situations diffèrent fortement selon l’activité professionnelle et la composition du foyer. Parmi les chômeurs, 36,1 % vivent sous le seuil de pauvreté.

Le taux atteint 34 % chez les familles monoparentales, qui doivent assumer les dépenses du foyer avec une seule source principale de revenus. Ces deux proportions restent stables, mais à des niveaux très supérieurs à la moyenne nationale. La reprise de l’emploi ou la revalorisation de certaines aides ne suffit donc pas à faire reculer leur exposition. Chez les retraités, le taux de pauvreté descend à 10,4 %. Il revient ainsi au même niveau que celui observé parmi les actifs.

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Crédit : Insee

La pauvreté des enfants continue de progresser

Les enfants connaissent une évolution plus défavorable. Leur taux de pauvreté a progressé de 0,5 point en 2024, après une hausse de 1,3 point en 2023. Cette évolution est liée à la situation économique de leurs parents. Le chômage, le temps partiel subi, les bas salaires ou l’absence d’un second revenu dans les familles monoparentales se répercutent directement sur leur niveau de vie.

La pauvreté infantile touche aussi les conditions de logement, l’alimentation, les loisirs et la réussite scolaire. Elle peut installer des écarts durables dès les premières années de vie. Le niveau de vie médian s’est établi à 2 228 euros par mois pour une personne seule en 2024. Il a progressé de 1,8 % en euros constants, après prise en compte de l’inflation.

Les ménages modestes ont bénéficié de la hausse du salaire minimum, des pensions de retraite et des prestations sociales, dans un contexte de ralentissement des prix. Leur niveau de vie a augmenté de 1,7 %. Cette progression n’a pas fait baisser le taux de pauvreté. Les revenus situés au milieu et dans le haut de la distribution ont eux aussi augmenté. L’écart relatif entre les ménages pauvres et le reste de la population demeure donc élevé.

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