En Corse-du-Sud, le canyon de Purcaraccia fait l’objet d’une surveillance renforcée durant l’été. Depuis 2021, son accès sans accompagnateur professionnel est interdit après plusieurs accidents mortels. Une règle destinée à protéger les visiteurs et le site, mais qui pèse sur l’activité locale.
Dans le massif de Bavella, la brigade de gendarmerie de Sartène mène des patrouilles sur les chemins escarpés qui conduisent au canyon de Purcaraccia. La présence de véhicules stationnés aux abords du site signale parfois l’arrivée de visiteurs malgré l’interdiction. Depuis 2021, l’accès au canyon est interdit durant la période estivale aux personnes qui ne sont pas accompagnées par un professionnel. Des panneaux installés sur place rappellent les dangers liés au terrain.
Le site est réputé pour ses vasques naturelles, ses cascades et ses passages rocheux. Son relief expose aussi les promeneurs à des chutes graves. Les autorités recensent deux accidents mortels en 2021 et un autre en 2022.
Une amende de 270 euros pour les visiteurs en infraction
Lors des contrôles, les gendarmes rencontrent des touristes qui affirment ne pas avoir compris que l’accès était interdit. Certains disent avoir consulté des brochures présentant seulement le parcours comme difficile ou déconseillé aux enfants. Un couple contrôlé sur place a ainsi appris qu’il risquait une amende de 270 euros, rapporte TF1 Info. L’un des agents lui a fait remarquer qu’une telle somme était élevée pour une simple promenade.
D’autres visiteurs reconnaissent avoir vu les avertissements, mais expliquent avoir poursuivi leur chemin en raison de la beauté du paysage. Cette situation illustre les limites de l’information touristique lorsque les indications diffusées ne correspondent pas aux règles locales.
Des passages où la moindre chute peut être mortelle
Dans d’autres canyons corses dépourvus de restriction comparable, la présence d’un moniteur reste vivement recommandée. Les parcours comportent des passages techniques, des zones glissantes et des portions situées au bord du vide. Sans connaissance du terrain ni matériel adapté, un faux pas peut entraîner une chute mortelle. Les groupes accompagnés disposent de casques, de baudriers et de cordes.
Le guide connaît aussi les itinéraires, les points d’ancrage et les secteurs exposés. Cet encadrement réduit les risques liés à une mauvaise orientation ou à un équipement insuffisant. Pour plusieurs visiteurs interrogés, parcourir ces sites seuls serait difficilement envisageable. Le relief et l’absence de repères rendent l’accompagnement rassurant, y compris pour les personnes habituées aux activités de plein air.
La surfréquentation fragilise aussi le site naturel
La surveillance ne répond pas uniquement aux accidents. La fréquentation élevée entraîne une dégradation progressive du canyon et de ses abords. Le passage répété des visiteurs abîme les sentiers, accélère l’érosion des sols et fragilise certaines zones naturelles. Les déchets, le stationnement désordonné et les déplacements hors des chemins balisés ajoutent une pression supplémentaire.
La limitation du nombre de visiteurs contribue ainsi à protéger un espace réputé, dont la popularité s’est développée avec les guides touristiques et les publications sur les réseaux sociaux. La restriction produit aussi des conséquences économiques dans le hameau de Bavella. Les restaurants et les commerces recevaient auparavant une partie des visiteurs à leur retour du canyon.
Certains professionnels observent désormais une baisse du nombre de clients venus boire un verre ou prendre un repas après leur excursion. Ils estiment que la limitation de l’accès réduit les retombées liées au tourisme dans ce secteur rural. Les autorités font donc face à un équilibre délicat entre la sécurité des promeneurs, la protection du canyon et l’activité des commerces locaux.
Un tourisme plus encadré dans les espaces fragiles
Le cas de Purcaraccia montre les tensions liées à la popularité croissante de certains sites naturels. Une forte fréquentation peut soutenir les commerces, tout en augmentant les risques d’accident et la dégradation des paysages. L’accompagnement professionnel constitue la solution retenue à Bavella durant l’été. Les visiteurs peuvent toujours découvrir le canyon, à condition de respecter les règles et de préparer leur sortie auprès d’un guide local.
Pour les autorités, les contrôles et les sanctions doivent rappeler qu’un paysage accessible en apparence peut cacher des dangers réels. Dans ce canyon corse, la beauté du site ne suffit pas à rendre la promenade sans risque.








