Croissance : la France frôle la stagnation avec une prévision quasi nulle au deuxième trimestre, selon la Banque de France

La Banque de France prévoit une croissance faible en 2026 à 0,5 %, avec inflation en hausse et activité ralentie.

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Croissance : la France frôle la stagnation avec une prévision quasi nulle au deuxième trimestre selon la Banque de France. - Crédit : Canva | Econostrum.info

La Banque de France a publié le 16 juin de nouvelles projections économiques pour la France. L’institution anticipe désormais une croissance de 0,5 % sur l’ensemble de l’année 2026, contre 0,9 % dans ses précédentes estimations.

Elle prévoit également une activité stable au deuxième trimestre après un recul de 0,1 % enregistré au premier trimestre. Cette révision intervient dans un contexte marqué par des prix de l’énergie plus élevés que prévu et un ralentissement de l’activité observé au cours des derniers mois. L’inflation harmonisée (IPCH), indicateur utilisé pour comparer les évolutions des prix au sein de la zone euro, est désormais attendue à 2,5 % en moyenne cette année, contre 1,7 % dans les prévisions publiées en mars.

Selon la Banque de France, l’activité économique a été moins dynamique qu’attendu au début de l’année. L’institution indique que l’industrie manufacturière devrait soutenir l’économie au deuxième trimestre, tandis que les services marchands devraient rester stables. Le secteur de la construction est attendu en baisse.

Xavier Debrun, chef économiste de la Banque de France, a précisé : « Le mois de mai n’a pas été un bon mois pour l’économie française. La progression de l’activité en mai a nettement ralenti dans l’industrie ». Il relie cette situation à l’augmentation des prix de l’énergie observée depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Une croissance freinée par le contexte énergétique

La Banque de France indique que sa prévision repose sur un scénario dans lequel le prix moyen du pétrole atteindrait 83 dollars le baril en 2026 et celui du gaz 46 euros le mégawattheure. L’institution souligne que la hausse des coûts énergétiques influence directement l’inflation. Elle mentionne également des répercussions sur certains secteurs, notamment le transport aérien en raison de l’augmentation du prix du kérosène, ainsi que sur les produits alimentaires via l’évolution des prix des matières premières agricoles et des engrais.

Selon Xavier Debrun, « Ce qui va contribuer le plus à la croissance en 2026 c’est le commerce extérieur, le reste est relativement atone, notamment la consommation des ménages qui est assez ralentie (+0,2%) ». La Banque de France évoque également un scénario moins favorable. Si les prix de l’énergie demeuraient durablement élevés, la croissance pourrait être nulle sur l’ensemble de l’année 2026.

Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique estime que les prévisions disponibles n’intègrent pas encore les développements les plus récents de la situation internationale. Le ministère a déclaré : « l’ensemble des dernières prévisions économiques, incluant celles de la Banque de France, sont en demi-teinte, elles n’ont pas pu prendre en compte les évolutions les plus récentes de la situation internationale, notamment les annonces de cessez-le-feu et de réouverture du détroit d’Ormuz.

Ces bonnes nouvelles constituent un signal de relance pour l’économie française. Elles doivent désormais se traduire concrètement dans le portefeuille des Français ainsi que dans les décisions d’investissement des entreprises ».

Inflation, pouvoir d’achat et finances publiques sous surveillance

La hausse attendue des prix conduit la Banque de France à revoir ses estimations concernant le pouvoir d’achat. L’institution prévoit un recul de 0,4 % en 2026, alors que les salaires progresseraient de 2,1 % sur la même période. Elle anticipe également une hausse du taux de chômage à 8,2 % cette année. Les projections indiquent ensuite un retour sous les 8 % à l’horizon 2028, avec un taux estimé à 7,8 %.

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Concernant les années suivantes, la Banque de France prévoit une croissance de 0,9 % en 2027 et de 1,2 % en 2028. Xavier Debrun a déclaré : « une fois que le choc se dissipera » totalement, « il y aura un rebond ». Sur le plan budgétaire, l’institution estime que le déficit public atteindrait 5,2 % du PIB en 2026 en l’absence de nouvelles mesures d’économies. Elle considère également que la dette publique pourrait représenter 122 % du PIB en 2028, contre environ 115 % en 2025.

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a pour sa part indiqué que le choc énergétique observé depuis le début du conflit au Moyen-Orient serait « persistant » quelle que soit « l’évolution géopolitique à court terme ». Selon les prévisions de l’institution, le retour à une inflation plus modérée contribuerait à une progression du pouvoir d’achat en 2027 et 2028.

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