Super El Niño : les scientifiques s’inquiètent des effets de ce phénomène météorologique d’une puissance inédite

Depuis janvier 2026, plus de 163 millions d’hectares ont brûlé, et le retour probable d’El Niño pourrait intensifier les incendies.

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El Niño
Super El Niño : les scientifiques s'inquiètent des effets de ce phénomène météorologique d'une puissance inédite. -Crédit : Canva | Econostrum.info

Les changements météorologiques bouleversent le monde. Les phénomènes tels qu’ El Niño ont un impact important dans tous les secteurs.  Depuis le début de l’année 2026, plus de 163 millions d’hectares ont été détruits par les incendies dans le monde, selon les données du Global Wildfire Information System (GWIS).

Cette superficie représente environ trois fois celle de la France métropolitaine. À la même période entre 2012 et 2025, la moyenne annuelle était d’environ 110 millions d’hectares. Les surfaces brûlées sont donc déjà 50 % supérieures à la normale et dépassent de 20 % le précédent record mondial observé depuis 2012.

L’Afrique est l’un des principaux foyers de cette augmentation. Près de 85 millions d’hectares ont été ravagés par les flammes, notamment au Sénégal, au Mali, en Mauritanie, au Ghana et au Togo. En Asie, la situation est également préoccupante avec 44 millions d’hectares brûlés, affectant des zones en Inde, en Asie du Sud-Est et dans certaines régions du nord-est de la Chine.

Le changement climatique amplifie l’intensité et la fréquence des incendies. Depuis l’ère préindustrielle, la température mondiale a augmenté d’environ 1,2 à 1,3 °C à cause des émissions de gaz à effet de serre liées au charbon, au pétrole et au gaz. Cette hausse modifie le fonctionnement des écosystèmes.

Une atmosphère plus chaude absorbe davantage d’humidité et accélère l’évaporation des sols, ce qui rend les forêts et les broussailles plus inflammables. La durée des saisons des feux s’allonge et les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, longues et intenses. Dans certaines régions africaines, de fortes précipitations favorisent d’abord une croissance abondante de végétation avant que des sécheresses sévères transforment cette biomasse en combustible.

Les incendies produisent également des boucles de rétroaction positives. Lorsqu’une forêt brûle, elle libère d’importantes quantités de CO₂ dans l’atmosphère. Cela renforce le réchauffement climatique et crée des conditions favorables à de nouveaux incendies, amplifiant le cycle.

Le rôle d’El Niño et les régions à risque

Le retour probable du phénomène El Niño pourrait accentuer la situation. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime que la probabilité d’El Niño augmente entre mai et juillet 2026, alors que La Niña s’affaiblit. El Niño se produit lorsque les eaux de surface du Pacifique équatorial deviennent anormalement chaudes pendant plusieurs mois. Il influence les vents, les précipitations et les températures à l’échelle mondiale, provoquant des conditions plus chaudes et plus sèches dans des zones comme l’Australie, le nord-ouest des États-Unis, le Canada, certaines régions d’Afrique et l’Amazonie.

Theodore Keeping, chercheur à l’Imperial College de Londres, précise que « le risque d’incendies extrêmes pourrait atteindre la probabilité la plus élevée de l’histoire récente » si un épisode puissant d’El Niño se développe. La combinaison du réchauffement climatique et d’El Niño pourrait produire des « extrêmes climatiques sans précédent », selon Friederike Otto, climatologue également à l’Imperial College de Londres. La chaleur de fond amplifie les effets naturels du phénomène, rendant les sécheresses et les vagues de chaleur plus intenses et les incendies plus rapides et destructeurs.

Certaines zones forestières critiques sont particulièrement surveillées. L’Amazonie est concernée en raison de la réduction des précipitations, de la déforestation et des températures élevées, ce qui augmente le risque d’incendies massifs. En Australie, les autorités craignent des scénarios comparables aux méga-feux du « Black Summer » de 2019-2020. Le Canada et le nord-ouest des États-Unis connaissent déjà des températures anormalement élevées, asséchant les forêts boréales et facilitant la propagation rapide des feux.

Conséquences écologiques, sanitaires et économiques

Les impacts des méga-incendies dépassent la destruction des forêts. La fumée provoque des crises sanitaires liées aux maladies respiratoires et cardiovasculaires. De nombreuses familles perdent leur logement, leurs terres agricoles et leurs moyens de subsistance. Les dommages aux infrastructures, à l’agriculture, au tourisme et à l’approvisionnement énergétique pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros dans certaines régions.

Friederike Otto souligne que dans plusieurs pays, les politiques climatiques sont parfois reléguées au second plan face à des tensions géopolitiques et économiques. Les scientifiques insistent sur le fait que limiter le réchauffement climatique reste le moyen le plus efficace pour réduire l’intensité future des incendies.

La convergence entre le réchauffement climatique et le retour probable d’El Niño en 2026 pourrait donc provoquer une saison des feux particulièrement sévère et des impacts significatifs sur les écosystèmes et les populations.

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